
Industrie des croisières
[align=center]Congestion dans les îles,
les plus engorgées des Caraïbes [/align]
[align=right]Mise en ligne 04/04/2006 09h44[/align]
Par Reed Albergotti
et Candace Jackson
The Wall Street Journal
L’industrie florissante des croisières «déverse» ses millions de passagers sur les plages déjà bondées des îles. Notre classement des endroits les plus engorgés des Caraïbes — et des lieux qui représentent toujours un havre de paix.
Michelle Kass et son conjoint croyaient avoir trouvé l’endroit idéal pour se reposer à Playa del Carmen, située sur la superbe côte caribéenne du Mexique. Puis les navires de croisière ont jeté l’ancre.
«À partir de cet instant, ce fut la débandade», raconte l’enseignante âgée de 45 ans de Neenah (Wisconsin), faisant référence aux passagers qui ont débarqué dans le port voisin et pris d’assaut les magasins et restaurants du petit centre-ville. «Nous sommes allés prendre un verre en attendant leur départ.»
La formidable croissance de l’industrie des croisières (particulièrement dans les Caraïbes), évaluée à 15 milliards $US, est un véritable pactole pour l’industrie des voyages et du tourisme. Bien qu’il s’agisse d’une excellente nouvelle pour les croisiéristes, la croissance rapide du trafic océanique a atteint un niveau sans précédent dans l’une des régions touristiques les plus prisées du monde.
Les îles déjà encombrées attirent un nombre impressionnant de touristes de croisière; près de 1,8 million de passagers ont été déposés par les paquebots l’an dernier sur l’île de Grand Caïman, soit une augmentation de plus de 700 000 par rapport à il y a cinq ans.
Les régions jadis négligées par les grands paquebots sont désormais engorgées : le Belize a accueilli plus de 400 navires de croisière en 2004 contre 70 en 2000. Et avec l’avènement d’une nouvelle génération de mégapaquebots pouvant transporter près de 6000 passagers (50% de plus que les plus grands navires de croisière d’aujourd’hui), les choses ne font que s’aggraver.
Le nombre de touristes de croisière ayant visité les Bahamas a grimpé de 33% entre 2000 et 2005, atteignant 3,35 millions de passagers par année, ou plus de dix fois le nombre de résidants actuels.
L’an dernier, plus de 1000 navires de croisière ont mis le cap sur Cozumel, sur la côte est de la péninsule du Yucatan (Mexique), déversant quelque 2,3 millions de touristes.
Et près de 1,48 million de touristes de croisière visitent chaque année St-Maarten, une île montagneuse au coeur des Caraïbes encerclée de récifs coralliens, soit une moyenne quotidienne de 253 touristes par mille carré, contre 148 il y a cinq ans.
Croissance prévue
Bien que le nombre total de passagers déposés par les paquebots dans la région ait glissé de 2% l’an dernier comparativement à 2004 – en raison notamment de changements d’itinéraires et de la saison fort productive en ouragans – de nouveaux navires de croisière qui lèveront l’ancre pour la première fois devraient favoriser la croissance du secteur en 2006.
Les touristes dits «de séjour» – qui déboursent jusqu’à 1300 $US la nuitée pour demeurer dans les luxueux centres de villégiature de ces îles – voient leurs plages envahies par les passagers de croisière.
Au Marriott Resort & Stellaris Casino d’Aruba, le concierge souligne que les croisiéristes réservent toutes les places pour les excursions touristiques avant même qu’il ait la chance d’en faire autant pour les invités de l’hôtel.
Et la congestion sur la route principale menant du port de Grand Caïman à la populaire plage «Seven Mile» est telle, en début d’après-midi, que l’on déconseille aux résidants du Westin Casuarina Resort & Spa de se déplacer.
Au Bolongo Beach Resort de St. Thomas, où le tarif est de 255$ US la nuitée, le personnel recommande à ses clients d’éviter le centre-ville en milieu de semaine, période où la vaste majorité des navires de croisière accostent.
À la recherche de ports
La situation représente également un défi de taille pour les croisiéristes, qui cherchent désespérément de nouveaux ports d’attache.
«Les installations portuaires des Caraïbes sont insuffisantes et mal adaptées», dit Adam Goldstein, président de Royal Caribbean International, qui a ajouté des escales à Belize et à Panama ces dernières années. «La Havane et Cartagène (Colombie) pourraient bientôt s’ajouter à la liste», dit-il.
Mais il est encore possible de semer les touristes de croisière. L’une des meilleures stratégies consiste à privilégier les petites îles incapables d’accueillir les grands paquebots — telles que Barbuda, une île des Antilles faisant 24 km de long, ou Saba, renommée pour sa plongée sous-marine et ses orchidées sauvages. Pour se rendre à destination, les touristes doivent emprunter de minuscules avions ou bateaux.
Autre stratégie possible: favoriser les endroits peu touchés par l’afflux de touristes de croisière. À quelques kilomètres de la ville portuaire de Philipsburg (St-Maarten) se trouve la «frontière française» de l’île, St-Martin, qui n’accueille pas les grands navires. À Belize, la plupart des touristes de croisière demeurent à proximité de la ville de Belize; les villes comme Placencia (où Francis Ford Coppola possède une résidence), à quelque 175 km de là, sont donc plus paisibles.
Même l’exclusivité n’est pas un gage de garantie. Avec l’appui financier de Carnival, les îles Turks et Caicos, renommées pour leurs eaux pristines et leurs luxueux centres de villégiature, ont investi 40 millions $US dans l’aménagement de nouvelles installations portuaires capables d’accueillir les grands paquebots. Les représentants souhaitent attirer 250 000 passagers cette année seulement.
http://argent.canoe.com/lca/chroniques/ ... 94414.html
-- Article rédigé avec la collaboration de Jessie Knadler et Jacob Hale Russel


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