31 juil. 2011, 14:13
19 juin 2011 : Escale à Tallinn
C’est par ce beau matin du 19 juin que le Rotterdam arrive à Tallinn, capitale de l’Estonie, et principal port du pays… là où en 2009, j’avais commencé à être sous l’emprise de ce que j’appellerai le « charme slave »! En 2010, la ville comptait 409 000 habitants ce qui en fait, sans surprise, la plus grande ville d’Estonie.
Pour votre information sachez que le centre historique de la ville fait partie de la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997 ce qui permet la préservation présente et future de la vieille ville car, écrit-on sur leur site internet, « Tallin constitue un exemple remarquable, exceptionnellement complet et bien conservé d'une cité médiévale commerciale d'Europe du Nord ayant parfaitement bien conservé les caractéristiques les plus marquantes de cette forme unique de communauté socio-économique. »
L’histoire de la ville est longue puisque déjà aux 9ième et 10ième siècles, Tallinn était une place de commerce très importante, connue jusqu’en Scandinavie et en Russie. Une forteresse de bois avait été construite sur la colline de Toompea, qui signifie « Colline de la Cathédrale », petit plateau rectangulaire de calcaire, d’environ 400 m sur 250, qui surplombe de 20 à 30 m. Selon une légende, cette colline est un tumulus, i.e. un grand amas artificiel de terre ou de pierres élevé au-dessus d'une sépulture, la sépulture en question étant ici celle de Kalev, enterré là par son inconsolable épouse Linda… Kalev et Linda étant deux personnages importants de la mythologie estonienne. Un château est aussi construit sur cette colline fortifiée.
En 1219, la ville est envahie par les croisés danois qui prennent le château et construisent une forteresse en pierre. Une légende danoise prétend que le tout premier drapeau du Danemark, Dannebrog, est tombé du ciel pendant les moments les plus critiques de la bataille. Le château abrite de nos jours le « Riigikogu », soit le parlement estonien. Les occupants étrangers commencèrent à cette époque à appeler la ville Reval, d'après le nom de la province dont elle était le centre. À cette époque également apparaît le nom de Tallinn, utilisé par les autochtones, nom formé par contraction de Taani linn , soit « ville danoise ».
Au Moyen Âge, la ville est très prospère car, faisant partie de la Ligue Hanséatique, elle était notamment au centre du commerce du sel. La Ligue Hanséatique se distinguait des autres hanses et marchands, en ce que son commerce reposait sur des privilèges jalousement défendus qui leur avaient été octroyés par divers souverains européens. Pendant trois siècles, cette Hanse en particulier, et à moindre degré les hanses par extension, eurent un rôle dominant au niveau commercial, puis politique, en Europe.
Malgré le déclin de la ligue hanséatique à partir du 15ième siècle, Tallin conserve son rôle commercial et la cité ne cesse de s'embellir grâce à de splendides édifices publics et privés bâtis suivant le courant architectural de l'époque.
Puis, la ville passe sous la domination suédoise en 1561 avant la période de domination russe qui débute en 1710, année de la victoire du tsar Pierre le Grand lors de la Guerre du Nord contre les Suédois. La présence russe est donc continue depuis trois siècles dans cette ville! Imaginez qu’à l'époque de l’Empire russe, l'aristocratie germano-balte tenait le parlement local et que les langues officielles étaient l'allemand et le russe.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville subit l'occupation allemande au terme d'une courte période d'indépendance estonienne entre 1918 et 1940, et subit de très nombreux bombardements au cours de l’année 1944. C'est presque un miracle que seulement 11 % du centre historique ait été détruit comparativement à 50 % de l'espace habité!
Comme l'Estonie faisait partie de l'Union soviétique de 1944 à 1991, sous le prétexte de la reconstruction de Tallinn et du développement à grande échelle de l'industrie, s’ensuivit une émigration massive depuis la Russie et les autres républiques soviétiques; la population a alors dépassé le demi-million, la portion d'Estoniens parmi celle-ci devenant alors inférieure à 50 %.
Ces détails historiques aident à mieux apprécier ce qu’offre cette ville charmante au regard de qui désire se promener et flâner dans la vieille ville. Après tout, n’est-ce pas l’Histoire qui est à l’origine et explique en partie la diversité et la beauté?!
En 2009, nous avions pris une excursion au cours de laquelle devant aller jusqu’à Haapsalu, en banlieue de Tallinn, nous n’avions visité que la partie haute de la vieille ville, ne disposant pas d’assez de temps pour nous promener dans sa partie basse. Dans cette partie haute se trouvait entre autres, la splendide cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky qui dépend de l'Église orthodoxe estonienne qui jouit depuis mai 1945 d'un statut d'autonomie conféré par le patriarcat de Moscou, dont elle est issue. Et que de charme dégagé dans les rues parcourues!
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A g r a n d i r,
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https://picasaweb.google.com/Oumledauphin1/16TallinnMai2009