Croisière à bord de l'Equinox: Rome-Fort Lauderdale
#p314909 déc. 2009, 20:33
Le mot Méditerranée, en latin « mediterraneus » signifie littéralement « au milieu des terres », sous-entendu « du monde connu ». Ne dit-on pas que le bassin méditerranéen est le berceau de notre civilisation?
Cette mer intercontinentale, de superficie d’environ 2,5 millions de km carrés, est presqu’entièrement fermée. Les nombreux pays qui la bordent sont d’une richesse et d’une diversité culturelle impressionnantes. L’Histoire est partout au rendez-vous et même pour ceux qui ne sont pas intéressés par l’Histoire, la beauté et la diversité de ses pays et ses îles ont de quoi satisfaire le plus exigeant d’entre nous. Le climat méditerranéen, caractérisé par des étés chauds et secs, et des hivers généralement doux et pluvieux, est aussi une des causes de sa grande popularité. Bref, la région méditerranéenne demeure la première destination touristique de l’Europe.
Comme il s’agissait de ma quatrième croisière en Méditerranée, sans compter les quelques voyages terrestres dans la région, ce voyage en serait donc un où retrouvailles et nouvelles découvertes alterneraient, promettant des moments agréables en perspective.
Dès que la compagnie Celebrity eût annoncé les itinéraires de son nouveau bateau, l’Equinox, et là je remonte au mois de mars 2008, nous n’avons pas hésité à faire une réservation pour la croisière en Méditerranée orientale, répondant au nom tentateur de « 13 Night Ancient Empires Cruise » suivie de la traversée de l’Atlantique, tout simplement dénommée « 14 Night Transatlantic Cruise».
Séduits par les itinéraires proposés, des amis, que j’identifierai par leurs initiales, J et P, ont accepté de se joindre à nous pour les deux croisières. De plus, pour la croisière en Méditerranée, deux de leurs amis, C et B, se sont également joints à notre petit groupe. Nous avons été conquis très facilement par leur simplicité et leur grande gentillesse et je peux dire que, très rapidement, les amis de nos amis sont devenus nos amis!
20-23 octobre 2009 : départ et séjour Rome
Le 20 octobre au soir, c’est sans problème que nous nous rencontrons tous à l’aéroport de Montréal pour prendre un vol direct d’Air Canada en direction de Rome.
Et, nous voici donc en cette matinée du 21 octobre, arrivés dans « la più bella città del mondo », Rome. Oh! il me semble entendre certains d’entre vous murmurer que j’exagère et que non, Rome n’est pas la plus belle ville du monde puisque c’est Paris ou Venise, ou etc… Alors, pour ne pas m’aliéner votre sympathie dès le début de ce compte-rendu, je serai bon joueur, et avec tout le respect qui vous est dû, je modèrerai mes propos en disant que nous arrivons dans l’une des plus belles villes du monde, Rome…et, chose certaine, « ma » préférée!
Eh oui, la première fois que j’ai vu cette ville, et il y a plus de quarante ans déjà!, je l’ai aimée autant pour ce qu’elle est que pour ce qu’elle représente. Et, les quelques fois où j’ai eu la chance d’y retourner, je ne l’en ai aimée que davantage. Je l’avoue, j’ai un faible pour Rome… et les Romains. Avec ce préjugé plus que favorable, il était à peu près sûr que nos deux petits jours à Rome passeraient très rapidement.
Dès notre arrivée à l’aéroport de Rome, le charme romain opère déjà en la personne du représentant de Celebrity, si attentionné qu’il va lui-même récupérer nos valises sur le carrousel à bagages! Ce petit geste est très apprécié, particulièrement de mon mari et moi-même pour qui cette récupération de bagages pose toujours problème.
Puis, nous voilà en route vers l’hôtel, fatigués mais heureux d’être enfin à Rome et ne manquant pas d’admirer tout ce que la ville nous offre de merveilles tout au long du parcours.
Nous avions réservé un des hôtels proposés par Celebrity et c’est ainsi qu’une représentante de Celebrity nous accueille chaleureusement à l’Empire Palace Hotel, hôtel de première classe, très propre et très agréable. Cet hôtel, inauguré en septembre 1999 se situe dans un beau quartier de Rome, à proximité de la célèbre Via Veneto. L’immeuble lui-même, de style néo-gothique, remonte à l’année 1870. Il avait été construit pour la famille Mocenigo, famille aristocratique vénitienne de laquelle sont sortis plusieurs doges de la république de Venise. Alors là, mon petit côté snob est tout à fait comblé!
Tout ça c’est bien beau…mais la fatigue et la faim se font un peu sentir. La fatigue, passe encore avec la poussée d’adrénaline, mais la faim, elle, ne se fait pas oublier. Aussi, nous retrouvons-nous tous les six dans la cour centrale de l’hôtel qui semble jouer le rôle de restaurant, du moins à certaines heures. Un gentil serveur s’avance vers nous pour demander ce que nous désirons et là, nous sommes un peu pris de court car il ne semble pas y avoir de menu. Il nous fait une offre que nous ne comprenons pas mais que P s’empresse d’accepter car, il a bien compris, lui, que nous ne sommes pas à l’heure régulière du restaurant et que l’offre du serveur n’est que pure gentillesse de sa part. Après un temps d’attente, assez court d’ailleurs, voilà le serveur qui nous apporte quelques beaux plateaux de sandwiches tout à fait délicieux et que nous finissons par dévorer.
Puis, bien restaurés et après un petit repos, nous décidons de faire une promenade en ville. Comme c’était la première fois que C et B venaient à Rome, le gentil P leur avait préparé une visite qu’il désirait mémorable pour eux. Et quoi de mieux pour un premier contact avec cette ville si attachante que d’aller admirer l’un des monuments les plus célèbres de Rome, soit la fontaine de Trevi, fontana di Trevi ?
C’est donc P qui sera notre guide pour nous mener à travers les rues de Rome. En marchant lentement, nous prenons le temps d’admirer l’architecture impressionnante de la ville. Nous nous félicitons de ce que le soleil soit au rendez-vous ce qui ajoute au charme de cette promenade.
Nous nous arrêtons d’abord à la Place Barberini, Piazza Barberini, dont on a du mal à imaginer qu’elle constituait autrefois une place champêtre avec la cour privée du Palais-villa de la noble famille. Aujourd’hui, reste au centre de la place la belle fontaine du Triton, fontana del Tritone, que le grand artiste Bernini, dit Le Bernin, créa en 1643 pour compléter l’ensemble des édifices des Barberini. Imaginez que jusqu’au 18ième siècle, les cadavres des inconnus étaient exposés devant cette fontaine et un crieur public invitait la population à venir reconnaître les corps!
Encore un peu de marche et nous voici arrivés à la monumentale fontaine de Trevi écrasante de beauté sous cette belle lumière automnale de fin d’après-midi romain. On a beau l’avoir déjà admirée, elle est toujours aussi magnifique et ce, en dépit des trop nombreux touristes de tout acabit qui circulent, comme nous, tout autour d’elle!
Commandée à N. Salvi en 1732 par le pape Clément XII pour remplacer le modeste bassin installé à cet endroit par Nicolas V, la fontaine de Trevi fut achevée en 1762 par N. Pannini. Adossée au Palazzo Poli, il est vrai de dire que la fontaine écrase la minuscule place sur laquelle elle se trouve.
Les amoureux des légendes affirment qu’elle fut nommée Trevi à cause des bas-reliefs de la fontaine qui font référence à la légende selon laquelle une dénommée « Trevi » aurait sauvé sa virginité en indiquant l’emplacement de cette source. Mais l'étymologie la plus acceptée, moins poétique sans doute est latine : trivium (tre vie en italien), signifiant « trois rues ».
Je donne ici quelques précisions au sujet de cette fontaine qui permettent de réaliser comment le travail de nombreux artistes a pu réussir à créer un ensemble aussi harmonieux. L'ensemble de la fontaine est surmonté du blason du pape Clément XII, ainsi que de quatre statues sous la balustrade représentant les quatre saisons. La niche principale abrite le dieu Océan, sculpture de P. Bracci. La niche est entourée par deux rondes-bosses, l'abondance et la salubrité, œuvres de F. della Valle. Les deux rondes-bosses sont elles-mêmes surmontées de deux reliefs qui représentent d'un côté la jeune fille découvrant la source alimentant la fontaine, par Grossi, et de l'autre, le général et homme politique romain Agrippa commandant la construction de l’aqueduc de l’Aqua Virgo alimentant la fontaine, par Bergondi. Le char du dieu Océan est tiré par des chevaux marins eux-mêmes précédés par des tritons. L'un des chevaux est paisible tandis que l'autre semble agité, afin de symboliser les deux aspects que peuvent nous offrir la mer. Vous pensez bien que cette référence à la mer n’est pas pour me déplaire!
Pendant que je filmais, j’aperçois au beau milieu de cette foule, un soldat romain de l’Antiquité. Rêverais-je? Mais non! alors je fais un zoom sur lui, tout en me demandant ce qu’il fait au juste dans ce décor. Peut-être est-il là pour veiller à notre sécurité? Peut-être tout simplement est-il là pour la couleur locale? Je n’en sais rien mais je suis bien amusée en constatant à quel point les soldats romains antiques ont su s’adapter à notre civilisation moderne puisque le modèle à l’avant-bras tatoué version 21ième siècle que je vois, tient un cellulaire en main et ne se gêne pas pour griller une cigarette!
Puis, comme si nous n’étions pas déjà assez fatigués, nous voilà repartis pour un arrêt à la place d’Espagne, Piazza di Spagna, laquelle est, également, de toute beauté sous cette douce lumière dorée. Pourquoi ce nom? Tout simplement parce qu'elle fut pendant longtemps considérée comme territoire espagnol, ce qui signifie que lorsqu'on était sur cette place, on ne dépendait plus des lois de la ville mais de celles d’Espagne. La place fut également française, et l’église de la Trinité-des-Monts construite par ordre du roi de France Louis XIII, appartient toujours à la France.
L’église se trouve tout en haut d’un escalier monumental à trois niveaux, commandé par le cardinal de Tencin et dont les deux niveaux supérieurs, séparés en deux arcs, sont souvent décorés de fleurs. Presque tout le temps des centaines de touristes et de Romains viennent s’asseoir sur ces escaliers au bas desquels se trouve la fontaine Barcaccia, en forme de barque comme son nom l'indique.
La fontaine Barcaccia fut commandé en 1629 par le pape Urbain VIII aux célèbres sculpteurs Pietro Bernini et son fils Gian Lorenzo Bernini, ce dernier n’étant autre que Le Bernin. Ce chef-d’œuvre de sculpture baroque italien, en forme de barque échouée qui prend l'eau, a été fait en souvenir de la grande inondation de Rome en 1598, le pape de l'époque, Clément VIII, ayant dû traverser la place dans une barque du fait de la hauteur de l’eau.
La fontaine est remplie d'une eau bleue turquoise très claire, parsemée de pièces de monnaie à voeux jetées par les touristes et ornée à ses extrémités des soleils et des abeilles du blason des Barberini, la puissante famille du pape Urbain VIII, né Maffeo Barberini.
Si j’avais trouvé qu’il y avait beaucoup de monde à la fontaine de Trevi, laissez-moi vous dire que ce n’était rien comparé à la Place d’Espagne! Je dois spécifier, cependant, que la Place d’Espagne étant beaucoup plus grande, nous étions très à l’aise pour circuler.
Pour mon mari et moi, de se retrouver dans ce coin de Rome est un vrai plaisir, un petit pèlerinage en quelque sorte, car les deux dernières fois où nous étions venus à Rome, nous avions un hôtel dans ce beau quartier.
L’heure avançant, nous puisons dans nos dernières ressources énergétiques pour donner un petit coup d’œil à la Via Condotti qui, elle aussi, est assiégée par la foule. Alors là, je n’ai plus aucun doute sur le fait que non seulement tous le chemins mènent à Rome, mais ils mènent directement à la Via Condotti! Je suis ravie de retrouver les vitrines de boutiques aussi luxueuses que celles de Gucci, Ferragamo, Valentino, Bulgari etc…
Outre ces boutiques alléchantes, on y trouve également le plus célèbre café de la ville, l’Antico Caffé Greco, ouvert depuis 1760 sur l’initiative d’un Grec, Nicola della Maddalena. Dois-je vous préciser qu’aucune place n’était disponible à l’intérieur du café pour les six touristes de plus en plus fatigués que nous étions et qui auraient bien aimé y faire une petite pause?
Mais, même au bord de l’épuisement, je ne peux m’empêcher de prendre une photo du siège international de l’Ordre de Malte qui m’a toujours fascinée. Ça, c’est mon petit côté Frank Sinatra qui rêvait, paraît-il, d’être nommé Chevalier de l’Ordre de Malte! Après avoir quitté l'île de Malte, l'Ordre s'établit à Rome dès 1834. Ses deux implantations jouissant de l'exterritorialité sont le Palais Magistral situé au 68 de la Via Condotti, où résident le Grand Maître et le gouvernement de l'Ordre, et la Villa Magistrale sur l'Aventin qui abrite le Grand Prieuré de Rome et les ambassades de l'Ordre auprès du Saint-Siège et de la République italienne.
Après tout cela? Eh bien, nous trouvons un bon restaurant où nous sommes tous heureux de pouvoir enfin nous asseoir et relaxer un peu, tout en mangeant, puis, nous rentrons à l’hôtel pour une bonne nuit de repos, bien méritée à notre avis.
Le lendemain matin, le soleil n’est pas au rendez-vous, mais qu’importe puisque nous sommes à Rome me disais-je! Notre ami P ayant planifié une grosse journée de visite pour C et B, nous avions décidé de faire, mon mari et moi, une journée plus relaxe et de retrouver nos amis le soir à la Piazza Navona.
J’avais dit à mon mari que j’aimerais bien me promener sur la mythique Via Veneto, qui servit de décor au célèbre film de Fellini « La Dolce Vita », en particulier avec le Café de Paris et le Harry’s bar. Cette avenue part de la Piazza Barberini puis monte, en faisant un large coude, jusqu’aux remparts d’Aurélien qui s’ouvrent par la porta Pinciana sur le parc de la villa Borghèse.
Je savais bien que les beaux jours de la Dolce Vita étaient chose du passé et que je risquais peu d’y voir les riches hommes d’affaires du Moyen Orient assis aux côtés de beautés platinées aux terrasses de cafés comme dans les années cinquante ou encore des starlettes de cinémas aux bras de vieux et surtout riches messieurs portant monocles! Non, bien sûr, ces temps je les savais révolus mais je voulais savoir ce qu’il en était de nos jours de cette avenue.
En quittant l’hôtel, il était plus simple pour nous d’emprunter une rue qui nous mène à un niveau plus haut que la Piazza Barberini. En apercevant un magnifique palais, je m’informe auprès d’un garde du nom de cette magnifique résidence. Il me dit qu’il s’agit du Palais Margherita, aujourd’hui devenu l’ambassade américaine. Dans ce palais construit par G. Koch, la reine Marguerite de Savoie résida jusqu’en 1924. Après la seconde guerre mondiale le palais fut acheté par les Etats-Unis d'Amérique et destiné à accueillir l'ambassade et le consulat américains.
La partie la plus célèbre de la Via Veneto est celle qui monte de ce palais vers les remparts d’Aurélien. Peu après le palais il y a les fameux cafés qui furent le théâtre des nuits romaines.
Nous voulons monter jusqu’aux remparts, mais ça devient un vrai problème lorsqu’une forte pluie nous tombe dessus. Heureusement qu’il y a des vendeurs de parapluies dans la rue qui se font un plaisir de nous refiler, en échange de quelques euros bien sûr, des parapluies qui s’avéreront de mauvaise qualité, mais qui, pour l’instant font notre bonheur. Celui de mon mari n’est pas si mal, mais le mien est tout rouillé à l’intérieur et il a sans doute connu des jours meilleurs!
Un des charmes de cette avenue est le fait qu’elle est bordée d’arbres et d’élégants cafés couverts qui sont parfaits pour qui aime regarder passer les badauds. On y voit aussi de grands hôtels de luxe et je me délecte de tout ce spectacle, en particulier des nombreux détails architecturaux, malgré la pluie. C’est ainsi que nous arrivons au Harry’s bar où, face à nous, se trouve le Mur d’Aurélien, massive construction de brique datant de 271 après J.-C.
En redescendant l’avenue, la pluie ne cessant pas, bien au contraire!, nous nous asseyons à une terrasse de café couverte, et nous en profitons pour nous reposer et nous restaurer. Enfin, la pluie s’affaiblit ce qui nous permet de redescendre l’avenue tranquillement jusqu’à la Piazza Barberini et il ne manque plus que le soleil, ou peut-être le fantôme de Marcello Mastroianni errant sur l’avenue, pour que mon bonheur soit parfait.
Nous retournons alors à l’hôtel pour un petit repos bien au chaud puis, la pluie ayant cessé, nous repartons en direction de la Place de la République, Piazza della Repubblica, à proximité de l’hôtel.
La place en demi-cercle a été aménagée par Gaetano en 1887 à l’emplacement des Thermes de Dioclétien qui datent de l’an 300. Deux palais néoclassiques aux façades symétriques en hémicycle ont été édifiés pour épouser le plan des thermes. Les très belles arcades du rez-de-chaussée qui abritent boutiques, cafés, banques etc… ajoutent à l’élégance de l’ensemble.
La fontaine des Naïades, en son centre, composée de trois bassins concentriques, chacun s’élevant par rapport au précédent, a été sculptée par Mario Rutelli. Au centre de la fontaine, se trouve l'esprit marin Glaucus qui dressé vers le ciel, tient dans ses bras un poisson qui crache son jet puissant vers le ciel. Dans le plus grand bassin, se trouvent quatre Naïades réparties aux quatre points cardinaux, tournées vers l'extérieur de la place. Nues, les nymphes font corps avec les créatures aquatiques, symbolisant les formes prises par l'eau, soit un cheval marin pour les océans, un serpent pour les fleuves, un cygne pour les lacs et un iguane pour les rivières souterraines, créatures sur lesquelles elles sont étendues. A l’époque cette fontaine a provoqué toute une polémique en raison de la lascivité des baigneuses nues et c’est pourquoi elle n’a été inaugurée qu’un an après sa construction en 1901, car d’abord jugée trop provocante.
Sur la place on trouve aussi la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs, Santa Maria degli Angeli e dei Martiri, dédiée aux martyrs chrétiens censés avoir construit les thermes. L’'église actuelle occupe les anciennes salles des thermes de Dioclétien plus précisément elle est sise dans la grande salle du tepidarium, i.e. la salle tiède des thermes.
Si jamais vous allez à Rome, ne manquez pas d’y faire une visite car par son élégance et sa beauté, cette Place de la République mérite bien que l’on y consacre quelque temps.
De retour à notre hôtel, nous prenons un taxi en direction, cette fois, d’une place de Rome dont le renom n’est plus à faire, soit la Place Navone, Piazza Navona. Cette place monumentale de Rome est, à l'origine, un stade construit par l'empereur Domitien en 86. De l’Antiquité, elle a gardé la forme curieuse et régulière d’un rectangle très allongé, incurvé à l’une de ses extrémités qui n’est autre que celle du stade de Domitien. Cet empereur y instaura un cycle de jeux à la grecque : course à pied, pugilat, lancer de javelot et de disque. Au 5ième siècle, le stade n'était plus que ruines. Ce n’est qu’à la Renaissance qu’il retrouva vie et qu’il devint l’une des plus belles places de Rome.
Son nom antique in agones, signifiant « lieu où se déroulent les jeux », se déforma en nagone, puis navone, et enfin navona qui évoque en italien une « grosse nef ». Le nom de l'église de Sant'Agnese in Agone perpétue aussi le souvenir de cette étymologie.
Le taxi nous dépose à l’entrée de la Piazza Navona vers 18 heures, la douce lumière de la fin du jour rendant la place tout à fait magique. Nous arrivons à l’une des extrémités, soit celle du côté de la Fontaine de Neptune, datant de 1574, , alors qu’à l’autre extrémité, trône la Fontaine du Maure, érigée en 1576. Etant à côté du la boutique de jouets Al Sogno, je ne peux m’empêcher d’y faire mon petit pèlerinage pour y admirer les magnifiques jouets et peluches qui font vraiment rêver même les grands enfants que nous sommes.
Puis, nous retrouvons nos amis, filmons et photographions la place, en nous laissant imprégner par toute cette beauté.
Ici, je dois absolument dire un mot sur la fontaine du centre de la place, soit celle dite des Quatre Fleuves. Elle fut commandée à l'architecte Le Bernin par le Pape Innocent X en 1648 et achevée en 1651. Les quatre fleuves, représentés par des statues, symbolisent les quatre continents: le Danube pour l'Europe, le Nil pour l'Afrique, le Rio de la Plata pour l'Amérique et le Gange pour l'Asie. L'ensemble est surmonté par un obélisque, provenant du cirque de Maxence. Les hiéroglyphes racontent la prise du pouvoir de Domitien. Au sommet est gravée une colombe tenant un rameau d'olivier, élément faisant partie des armoiries d'Innocent X.
On dit à son sujet qu’elle est une œuvre phare de l’art baroque, pleine de courbes, d'effets et de mouvements. Par exemple, l'obélisque semble posé sur le vide, une grotte étant aménagée sous sa base. C’est vrai qu’elle est un théâtre à elle toute seule, un spectacle en action et pas surprenant que nous tournions tous autour d’elle sans nous lasser de l’admirer.
Pour qui aime les légendes, en voici une, encore très populaire aujourd'hui, liée à la rivalité entre Le Bernin et Francesco Borromini à qui l’on doit l’église Sainte-Agnès. Les méchantes langues prétendent que la statue du Rio de la Plata a le bras tendu de peur d'un effondrement de l’église de Sant’Agnese in Agone et aussi que la statue du Nil couvre son visage pour ne pas la voir. En fait, le visage de la statue est couvert d'un voile parce qu'on ne connaît pas encore les sources du Nil. D’ailleurs il est prouvé qu’il s’agit bien d’une légende, puisque la fontaine a été construite avant l'église, entre 1648 et 1651, alors que le début de la construction de Sainte-Agnès par Borromini n'est pas antérieur à 1652.
Et après tout cela? Eh bien, il est temps d’aller manger d’autant plus que nos amis n’ont pas arrêté de la journée. Eux aussi ont eu à subir la grosse pluie et, pire que nous, ils ont été littéralement trempés dans le Forum où de vraies rigoles se sont mises à couler trempant littéralement leurs souliers, ceci pendant que nous étions Via Veneto. Mais où aller manger? Bien sûr tout autour de la place se trouve une multitude de cafés et restaurants mais lequel choisir?
C’est alors que j’aperçois la gentille C en grande conversation avec un bel Italien aux cheveux d’un blanc argenté. Et ça dure…et ça dure…comme si, vraiment, il était sous le charme! Comme toute bonne chose a une fin, la gentille C nous revient enfin tenant un papier en main, papier qui n’est autre qu’une adresse de restaurant en dehors de la place et où, selon le beau Romain, on mangerait mieux et pour moins cher. Eh oui, pour ceux d’entre vous dont l’imagination s’est déjà emballée…ce n’était que ça le papier! Comme nous avons souvent peur de nous faire voler ou attraper d’une quelconque manière, nous rejetons la proposition de cet inconnu et, fatigués, nous nous précipitons dans le premier restaurant à notre portée pouvant nous accueillir dans une salle intérieure. Vous pouvez toujours me dire que si c’était pour manger à l’intérieur, ça ne valait pas la peine de rester là! Eh bien, vous auriez raison de me le dire et je ne comprends toujours pas ce qui nous a poussés dans ce restaurant, si ce n’est la fatigue et peut-être la faim?!
La salle intérieure en question n’avait aucun charme et nous ne pouvions pas du tout jouir du spectacle de la place. Ajoutez à cela que la nourriture, bien que bonne, n’avait rien de remarquable. Les toilettes, au dire de mon mari, laissaient à désirer. Une autre salle attenante entrevue en allant aux toilettes semblait beaucoup mieux que celle où l’on avait été « fourrés » etc… et pour finir, comble de malédiction, ayant demandé trois additions, nous n’en avons reçu qu’une! Conclusion? Nous avions été « mal » traités et quelqu’un devait en payer le prix. Qui pensez-vous en a payé le prix? Eh oui, c’est le serveur! Et comme notre dévouée J avait jonglé toute sa vie avec les chiffres, eh bien, c’est elle qui jongla encore avec l’addition pour faire le compte exact de chacun des couples. C’est alors que P a conclu et déclaré que là était le comble et que l’on ne devait pas laisser de pourboire dans un tel cas. Après une légère discussion, il a réussi à nous convaincre. Mais, j’avoue que le rouge de la honte me monte aux joues en pensant que nous sommes tous sortis du restaurant abandonnant cette bien aimable J en lui laissant l’odieux de ne payer que le montant exact, sans pourboire, avec sa carte de crédit! Que n’avons-nous pas écouté le bel Italien de C?!
Après cette soirée mémorable, nous sommes tous revenus à l’hôtel en taxi ne voulant pas nous coucher trop tard puisque le lendemain nous quitterions Rome assez tôt. En effet, en cette journée du 23 octobre, nous devions quitter l’hôtel pour aller prendre le bateau à Civitavecchia après une excursion qui nous mènerait au Vatican.
Nous voici donc partis vers 8 heures en direction du Vatican sous un ciel encore très nuageux…nuages qui décidément s’entêtent à nous suivre partout! Peu importe le jour, l’heure, le temps qu’il fait etc…, soyez certains qu’il y a et qu’il y aura toujours foule au Vatican. C’est ainsi et il faut en prendre son parti.
Le Vatican possède 11 musées, ce qui représente 5 galeries et 1400 salles, un musée pour 80 habitants!, ce qui constitue un record. Dois-je spécifier que nous ne verrons qu’une infime partie des richesses de ces musées lors de notre visite éclair, mais ce que nous voyons est spectaculaire.
Qu’il s’agisse de statues, tapisseries, peintures etc…tout est vraiment magnifique. Comme j’ai un petit faible pour la Galerie de Cartes de Géographie, permettez que je m’y attarde quelque peu. Construite entre 1578 et 1580 par Mascherino, elle doit son nom au quarante cartes topographiques, soit 32 fresques d'environ 320 par 430 cm sur les murs en longueur, plus 8 plus petites aux extrémités, représentant des régions italiennes et des possessions de l'Eglise que le pape Grégoire XIII fera peindre de 1580 à 1583 d'après des cartons de Danti, l'un des plus grands cosmographes de son époque.
Ce sont Muziano et Nebbia qui coordonneront et réaliseront en partie l'importante iconographie comprenant la très impressionnante voûte sur laquelle sont représentés 80 épisodes de la vie des saints et de l'histoire de l'Eglise, étroitement liés aux cartes en dessous. Cette immense salle qui mesure 120 m de longueur sur 6 de large est vraiment spectaculaire.
Par ailleurs, comme vous pouvez le deviner, le clou de cette visite n’est autre que la Chapelle Sixtine qui vaut la peine qu’on s’attarde un peu à son histoire.
Rappelons que c’est le Pape Sixte IV qui consacrera une partie de sa fortune à la construction de la Chapelle Sixtine. Son plan est très simple : une salle rectangulaire de 40 m de long, 13 m de large et 21 m de haut. Notez que le rapport 21/13=1,61 correspond au nombre d'or, souvent utilisé par les architectes de l'époque. Elle sera édifiée de 1473 à 1483 sur les dessins de Baccio Pontelli. Les murs seront décorés sous les fenêtres par des artistes florentins ou de l'Ombrie. La chapelle sera inaugurée le 15 août 1483.
Le pape Jules II décidera de rénover la décoration de la voûte de la chapelle, auparavant peinte en bleu avec des étoiles d'or. Il en confiera l'exécution à Michel- Ange en 1508. Celui-ci, travaillant au tombeau de Jules II, refusera dans un premier temps car il s'estimait sculpteur et non peintre. Contraint d'accepter, il obtiendra une totale liberté de composition et de conception. Celui-ci réalisera une oeuvre sur le thème de la création du monde comprenant plus de deux cents personnages de l'univers biblique. Travaillant couché sur le dos, sur un échafaudage monté au-dessus de la chapelle, Michel-Ange ne fera appel qu'à un seul assistant qui lui préparera et broiera les couleurs. L'artiste travaillera à cette oeuvre de 1508 à 1512. Il délimitera la voûte par la peinture d'éléments architecturaux qui forment des encadrements. Les neuf panneaux centraux, représentant les premiers épisodes de la Genèse, développent trois thèmes : l'origine du monde, l'origine de l'homme et l'origine du péché. Cinq panneaux plus petits sont encadrés par des nus.
Le pape Paul III, adoptant un projet de Clément VII, commandera à Michel-Ange en 1536 la composition qui ornera la paroi surplombant l'autel, soit le sublime Jugement Dernier, terminé en 1541, et qui rassemblera plus de quatre cents personnages. N’oublions pas que Michel-Ange le peignit alors qu'il avait 60 ans! Le travail dura 6 ans, entre 1535 et 1541.
La vision de l'œuvre a été fortement perturbée par la longue restauration qui a été effectuée tout au long des récentes années quatre-vingt. À la place des tons sombres et fumés qui avaient valu à Michel-Ange le surnom de « terrible souverain de l'ombre », on a trouvé des couleurs tour à tour pastels ou acides. Cette découverte de couleurs insoupçonnées en a choqué plus d’un et la polémique continue toujours quant au bien-fondé de la restauration. Il est intéressant de constater qu’une toute petite partie n’a pas été restaurée afin de permettre au spectateur de se faire une idée par lui-même de l’énorme différence des teintes « avant » et « après » restauration. A chacun de dire s’il préfère l’œuvre de Michel-Ange dans les teintes sombres ou dans les teintes éclatantes.
Mais, que l’on aime plus ou moins ces teintes parfois très vives, force est d’admettre que nous sommes devant une œuvre gigantesque à tous les points de vue et qu’il est difficile de décrire l’impression forte qu’elle produit. Chose certaine, elle vaut le déplacement et mérite qu’on s’y attarde!
De là, nous repartons pour une brève visite de la Basilique Saint-Pierre, en latin Sancti Petri, qui est le plus important édifice religieux du catholicisme, autant par ses dimensions, 193 m de long, 120 m de haut, que de renommée. Elle est considérée comme la plus grande conception architecturale de son temps et demeure l'un des monuments les plus visités au monde…et pour cause! Sa construction, à l'emplacement de l'ancienne basilique construite sous l'empereur Constantin, commença le 18 avril 1506 et fut achevée en 1626. Ses architectes les plus importants furent Bramante, Michel-Ange et Le Bernin.
Important lieu de pèlerinage, elle rassemble sur sa place au minimum 150 000 catholiques chaque dimanche lors de l’angélus pontifical.
Avec une superficie de 2,3 ha et une capacité de plus de 60 000 personnes, elle est la plus grande église de la chrétienté et aussi un des lieux les plus saints du christianisme, puisqu'elle abrite la sépulture de saint Pierre qui, selon la tradition catholique, fut le premier évêque d’Antioche et le premier évêque de Rome, donc le premier pape.
Mais, là encore, nous ne sommes pas seuls pour la visite. De fait, tout le centre de la basilique est interdit et entouré de cordons de sécurité de sorte que nous nous retrouvons tous à circuler dans les mêmes espaces restreints et je dois avouer que, malgré l’immensité du lieu, il est difficile de se recueillir, ne serait-ce qu’un tout petit peu, dans cette intense circulation. Il est même pénible de ne pas perdre le guide de vue! Heureusement que nous avions déjà fait cette visite dans de meilleures conditions.
Enfin, l’excursion se termine par une brève visite de la magnifique Place Saint-Pierre, là encore, l’une des plus célèbres du monde. Elle est, en quelque sorte, le parvis de la basilique et c'est ici que se tient la foule pour recevoir la bénédiction urbi et orbi, i.e. à la ville et au monde, du pape lors des grandes fêtes religieuses.
La place, de forme légèrement ovale, a été commandée par Alexandre VII au Bernin. C’est à ce dernier que l’on doit l’élégante colonnade qui joue aussi un rôle symbolique en s'écartant depuis la basilique comme deux bras qui accueilleraient la foule.
C’est dans ce magnifique décor que nous faisons nos adieux à cette Rome tant aimée! Nous nous dirigeons vers Civitavecchia en espérant que la croisière qui commence nous amènera à de belles découvertes aussi.
Arrivederci Roma bellissima!
et
Welcome aboard the magnificent vessel named Equinox!
Pour les photos de Rome:
http://picasaweb.google.ca/Oumledauphin1/24Novembre2009Rome#
2010. 14 jours à bord de l’Amsterdam de HAL. Alaska.
SEATTLE - PASSAGE INTÉRIEUR – KETCHIKAN – SITKA – SKAGWAY - BAIE DES GLACIERS – ANCHORAGE – HOMER – KODIAK - GLACIER HUBBARD – JUNEAU - VICTORIA
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=4838
2009. 28 jours à bord de l’Equinox de Celebrity. Méditerranée orientale et traversée de l’Atlantique.
ROME – ATHÈNES – RHODES – ÉPHÈSE – HAÏFA – JÉRUSALEM – ALEXANDRIE(LOUKSOR, KARNAK et CAIRE) – NAPLES – MARSEILLE – BARCELONE – PALMA DE MAJORQUE – CARTHAGÈNE – LANZAROTE – TENERIFE – FORT LAUDERDALE
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=4328
2009. 28 jours à bord de l’Eurodam de HAL. Traversée de l’Atlantique et Baltique.
FORT LAUDERDALE – LES AÇORES – LISBONNE – BILBAO – LE HAVRE – HARWICH – ROTTERDAM – COPENHAGUE – WARNEMÜNDE – TALLINN – SAINT-PÉTERSBOURG – HELSINKI – STOCKHOLM – KIEL - COPENHAGUE
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=4047
2007. 12 jours à bord du Century de Celebrity. La Norvège incluant le soleil de minuit au Cap Nord.
AMSTERDAM – ÅLESUND - PASSAGE AU LARGE DES ILES LOFOTEN - ALTA – HONNINGSVÅG(CAP NORD) – MOLDE – OLDEN – BERGEN - AMSTERDAM
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=3812
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