Jeudi 10 juillet, KOTOR
Nuageux avec éclaircies, deux averses
À 5 h 40, sur les bons conseils de notre capitaine, je suis sur mon balcon pour voir l’entrée dans les bouches de Kotor. Je suis dix minutes en retard et je crois bien avoir raté les premiers villages, mais c’est tout de même grandiose. L’Equinox glisse en silence sur l’eau d’un turquoise foncé, telle une énorme chaloupe. On n’entend que les aboiements d’un chien au loin et le déclic des appareils photo. De toute évidence, je ne suis pas la seule à m’être levée tôt.
Le ciel chargé de nuages et les imposantes montagnes sombres ajoutent une touche presque irréelle au paysage. On s’enfonce tranquillement dans la baie à mesure que les villages défilent devant nous. Bientôt, on ne bouge plus. Lorsque qu’on jette l’ancre, le grondement sourd des chaînes se répercute contre les montagnes, de sorte qu’on n’arrive plus à distinguer le vrai de l’écho.
Aussitôt, des bateaux faisant la navette s’amènent du port, et on commence à descendre les canots. On entend des cloches sonner au loin. L’atmosphère est magique. Je m’arrache à mon balcon puisqu’il faut bien aller déjeuner si on veut descendre!
Lorsqu’on s’installe au deuxième étage du canot, le ciel est menaçant et il vente beaucoup. Le trajet jusqu’au port dure une bonne dizaine de minutes (on est assez loin dans la baie), et quand on reçoit quelques gouttes de pluie, on craint le pire. Heureusement, ça s’arrête. On a le temps de descendre et de prendre quelques photos au port, car au grand plaisir de mon conjoint, amateur de voile, le Maltese Falcon est à quai. Il s’agit d’un voilier de luxe privé, l’un des plus grands au monde, dont les voiles sont commandées électroniquement, et qui vaut une véritable fortune.
On se rend ensuite près de la porte d’entrée principale de la vieille ville, mais l’averse nous tombe dessus. On tente de s’abriter tant bien que mal, mais il y a foule sous la porte de la ville. On se réfugie dans les boutiques de souvenirs en espérant que la pluie va cesser. Au bout d’une vingtaine de minutes, ça tombe encore et on décide d’investir dans deux parapluies. Naturellement, la pluie cesse quelques minutes après. On est soulagés, car notre plan pour l’avant-midi consiste à monter la forteresse Saint-Jean. On se dirige donc vers l’entrée des remparts, où l’on doit payer un prix d’accès de 3 Euros, si je me souviens bien. La dame nous prévient qu’il peut y avoir des reptiles…<img src="/smilies/icon_eek.gif" alt=":shock:" loading="lazy" class="smiley" width="19" height="19" />
On se lance donc à l’assaut des 1 426 marches. Les pierres de l’escalier sont mouillées et pas assez larges pour deux, ce qui nous force parfois, quand on croise des gens qui descendent, à passer à côté, où c’est plus inégal. La montée se déroule quand même bien. La vue sur la baie est de plus en plus époustouflante à mesure que l’on grimpe. On atteint la chapelle Notre-Dame-du-Salut, située à peu près à mi-chemin du sommet. Moi qui n’aime pas trop les hauteurs, je juge que le fait de continuer pourrait gâcher ma journée, car les fameux remparts sont absents par endroits. Une pluie fine s’étant remise à tomber, ma fille décide de s’arrêter aussi. On s’assoit sur les marches de la chapelle et on contemple le paysage majestueux qui s’offre à nous pendant que les gars poursuivent l’ascension. Finalement, ils se rendent jusqu’au sommet. Heureusement, la pluie s’est arrêtée. Mon conjoint a trouvé que c’était du sport, mais il est bien content de l’avoir fait.
De retour dans la vieille ville, on se promène au hasard des rues et on entre dans quelques boutiques. Il y a de nombreux chats errants à Kotor, au point qu’ils ont inspiré plusieurs artistes locaux. On visite aussi la cathédrale Saint-Tryphon (2 ou 3 ? Euros par personne), magnifique avec son intérieur tout en teintes de rose. Au premier étage, le musée présente de nombreux et précieux objets très bien conservés.
La faim et la fatigue commencent à se faire sentir, et on hésite entre retourner sur le navire pour manger gratuitement ou encourager un peu l’économie locale. On opte finalement pour la deuxième solution, question de s’imprégner un peu plus longtemps de l’atmosphère envoûtante de Kotor. On s’installe à une jolie terrasse sur une petite place au pied des remparts, et chacun commande un petit quelque chose, bière locale, sandwich ou simplement un dessert.
Le ciel est de nouveau menaçant tandis qu’on regagne l’Equinox en canot. Moins d’une heure plus tard, tandis qu’on grignote (encore!) au Oceanview Cafe, tout à l’arrière du navire à l’extérieur, l’orage éclate. C’est vraiment impressionnant de voir la pluie tomber et d’entendre le tonnerre résonner dans les montagnes. Lorsque le capitaine prend la parole un peu avant notre départ à 17 heures, il espère que le ciel se dégagera au moins partiellement pour nous permettre de bien profiter du paysage tout au long de notre sortie des bouches de Kotor.
Son vœu (et le nôtre) est exaucé, et sur notre balcon, nous profitons de belles éclaircies tout en nous dirigeant vers le large. Je vois des villages (presque des villes, dans certains cas?) différents de ceux que j’ai vus ce matin.
Nous prenons ensuite le temps de faire une autre tournée du navire, car nous réalisons que nous n’avons presque pas pris de photos de l’Equinox.
Ce soir, c’est la deuxième soirée « formal ». Exceptionnellement, on nous place au 3e étage, et non au 4e comme les autres soirs (nous avons le Anytime dining). C’est très bruyant, mais le décor est différent et très beau. Homard pour les filles, canard à l’orange et bœuf Wellington pour les gars. Au moment de servir le vin, le sommelier me demande discrètement à l’oreille si ma fille a l’âge de boire de l’alcool, car il ne veut pas avoir d’ennuis. Je le rassure en lui disant qu’elle aura 22 ans en septembre, mais je suis persuadée qu’il ne m’a pas crue. C’est le drame de sa vie d’avoir l’air jeune, la pauvre, mais elle s’en réjouira dans quelques décennies.
C’est décidé, ce soir, nous assistons au spectacle. La troupe de l’Equinox présente un spectacle de cirque très, très réussi. Malheureusement, c’est dur sur le système de se lever aux aurores pour jouer au photographe, et on me surprend à somnoler. Mais ce que j’ai vu du spectacle, j’ai adoré!
Photos, + quelques-unes de l'Équinox
https://picasaweb.google.com/110462546651927149061/Kotor?noredirect=1