2 oct. 2010, 17:19
6-7 septembre 2010: L'Amsterdam en route vers l'Alaska par le Passage Intérieur
En ce matin du 6 septembre, impossible de se lever du mauvais pied car c’est une journée attendue depuis trop longtemps pour être gâchée de quelque manière que ce soit.
En allant prendre notre petit-déjeuner dans le très beau restaurant de l’hôtel, The Georgian, je m’amuse à tenter d’identifier parmi tous les clients ceux qui seront nos compagnons croisiéristes. Il me semble les reconnaître à leur allure décontractée de vieux loups de mer… et non pas parce qu’ils ont l’air de vieux croulants comme certains d’entre vous pourraient le penser!
Vers la fin de l’avant-midi, nous sommes tous réunis dans le hall de l’hôtel pour le départ et là je constate que nous sommes nombreux, beaucoup de croisiéristes ayant sans doute décidé de passer une nuit à l‘hôtel pour ne pas risquer de manquer le bateau. Les valises ayant été ramassées au cours de l’avant-midi, nous n’avons plus à nous en préoccuper en aucune manière, si ce n’est de les retrouver tel que promis effectivement à la porte de notre cabine.
Tout se déroule à merveille et c’est avec une grande joie que nous apercevons notre hôtel flottant, l’Amsterdam, qui nous attend bien ancré dans le port de Seattle. Sa silhouette me semble familière car, bien sûr, elle me rappelle celle de l’Eurodam, en plus petit toutefois puisque l’Amsterdam est un bateau d’environ 62 000 tonnes alors que l’Eurodam en fait environ 82 000. Pour dire vrai, après l’Equinox, l’automne dernier, je suis bien heureuse de ne pas apercevoir un mastodonte devant moi et de retrouver un bateau à dimension plus humaine comme diraient certains.
L’enregistrement se fait d’autant plus rapidement que tous les croisiéristes ont en mains les documents nécessaires dont celui, « Express Docs », que nous remplissons maintenant par internet lors de l’enregistrement en ligne et qui nous facilite si bien la vie. En un rien de temps nous sommes à bord du bateau et, comme cela est coutume à bord des bateaux de HAL, on nous dirige vers le café Lido pour la restauration, moyen agréable de relaxer en attendant que les cabines soient prêtes.
Je fais partie de cette catégorie de gens pour qui la première impression est souvent importante! Eh bien, j’avoue que j’ai un choc en mettant les pieds dans le café Lido… et surtout en y mettant les oreilles! Eh oui, je suis sous un choc car l’atmosphère qui s’y dégage me plaît énormément et ce, grâce au choix musical dû à je ne sais pas qui, mais cette personne qui qu’elle soit, je lui suis infiniment reconnaissante ! Après mon expérience si déplaisante en ce qui concerne le choix musical à bord de l’Equinox(et là je suis bien consciente que c’est question de goût tout personnel!) je n’en crois pas mes oreilles d’entendre une petite musique classique, du Mozart en fait, et surtout à un niveau qui mérite vraiment le nom de « sourdine ». Si la compagnie cherchait à me séduire, eh bien, elle ne pouvait trouver mieux. Je dis tout simplement à mon mari : « Pourvu que ça dure! » Eh bien, croyez-le ou non, cela a duré toute la croisière et jamais au Lido, matin, midi ou soir, nous n’avons été agressés par la musique comme à bord de l’Equinox… que de la musique en sourdine, classique ou légère. BRAVO HAL!
Mais en apercevant toute cette foule de croisiéristes, je ne peux m’empêcher de penser à Pirandello et de me demander ce que ce grand auteur aurait pensé de ces centaines de têtes grises et chauves dont plusieurs dépassaient même d’une trentaine d’années l’âge de son « vieillard » de 54 ans! Et comment, surtout, pouvait-il imaginer que ces derniers s’activeraient sur un gros bateau de croisière dans le but d’aller voir des glaciers dans une région, au bout du monde pour lui, comme l’Alaska?! S’il nous voyait en ce moment, je suis certaine que nous serions pour lui une source d’inspiration pour écrire l’une de ces nouvelles géniales dont il avait le secret!
Ravis et rassasiés, nous nous dirigeons vers notre cabine et là, encore, nous sommes très satisfaits. La cabine est sans contredit spacieuse, 292 pieds carrés balcon inclus, et l’ameublement, de bon goût et bien confortable. Sur le balcon on trouve, outre la petite table traditionnelle, une chaise longue et un fauteuil avec coussins, ce qui, indéniablement, ajoute à leur confort. La présence d’une baignoire avec bain tourbillon est un petit luxe que j’apprécierai tout au long de cette croisière alors que mon mari se réjouit que la douche soit une douche-téléphone. Et toujours les excellents produits Elemis, le service impeccable, les petits chocolats sur l’oreiller etc.
Il est certain que l’Amsterdam qui a commencé sa carrière en 2000 n’a pas tous les gadgets qui sont l’apanage des bateaux récents, mais, plus important à mes yeux que ces gadgets, il a de la classe ! C’est un bateau où il est facile de trouver un endroit confortable et calme soit pour s’y reposer, lire tranquillement etc. Le choix des œuvres d’art, omniprésentes, est sans conteste de haute qualité. Les belles peintures maritimes et les maquettes de bateaux disséminées un peu partout sur le bateau créent une harmonie d’ensemble très plaisante. Quand on se promène sur ce bateau, on est toujours assuré de faire de belles découvertes comme, par exemple, d’intéressantes figurines chinoises datant de la dynastie Ming du 17ième siècle, une très belle table de marbre incrustée, œuvre d’artisans italiens de la ville de Pietransata etc. Mais, l’œuvre la plus frappante, est sûrement l’horloge astrolabe qui ce trouve au centre de l’atrium. Elle est tout simplement fascinante et beaucoup de croisiéristes prennent le temps de bien l’examiner et de tourner tout autour pour en apercevoir toute la richesse et l’élégance. Comme, de plus, l’horloge fonctionne encore, c’est un plaisir assuré que d’observer toute cette mécanique en marche. Et que dire des magnifiques bouquets de fleurs qui attirent notre attention un peu partout… et des riches boiseries… Je me souviens que Marie-Claude a mentionné à quelques reprises qu’elle avait beaucoup aimé le Rotterdam de HAL. Eh bien, je la comprends car l’Amsterdam, bateau jumeau du Rotterdam, dégage une atmosphère tellement agréable que sa cote d’amour est très élevée dans la liste de celles des quelques bateaux que j’ai connus.
Quant au service, il est aussi plaisant qu’à bord de l’Eurodam. Alors qu’au Oceanview Café de l’Equinox, il n’est arrivé qu’une seule et unique fois en 28 jours de croisière qu’un serveur se propose pour aider à porter notre assiette, ici, à bord de l’Amsterdam, c’est à tous les repas qu’une telle offre nous était faite. Quelle différence surtout pour mon mari qui se déplace avec sa canne. Je suis portée à croire que les membres du personnel de HAL reçoivent une formation, sinon des avertissements, pour porter une attention spéciale aux personnes vieillissantes ou à mobilité réduite. Mais, dans les faits, cette offre d’aide est toujours faite avec tant de gentillesse et de naturel que l’on se sent très à l’aise de l’accepter. Cette attention est très plaisante et explique, en partie du moins, pourquoi une partie importante de la clientèle de HAL leur reste si fidèlement attachée. Je comprends très bien pourquoi c’est ce bateau qui a été choisi parmi tous ceux de la flotte HAL pour faire la croisière autour du monde à partir de janvier 2012, car c’est le bateau idéal à tous points de vue pour y faire un très long séjour. Bref, j’ai adoré ce bateau!
Et maintenant que vous êtes confortablement installés avec moi à bord de ce très bel Amsterdam, partons à la découverte de l’Alaska.
Lorsque nous quittons Seattle vers 17 heures, le 6 septembre, la mer est un peu agitée, ce qui est normal dans cette région du Pacifique. Aucune escale n’est prévue pour le lendemain car nous nous dirigeons vers l’Alaska en naviguant à travers le Passage Intérieur, Inside Passage. Cette grande voie maritime côtière du Pacifique qui permet d’éviter les eaux apparemment difficiles du large de l’océan, se situe à l’ouest de la Colombie-Britannique et le long du sud-est de l’Alaska. Remarquez que le terme même de Passage Intérieur est aussi utilisé pour désigner toutes les îles et parties océaniques autour du passage proprement dit.
Il est certain que cette voie maritime est très fréquentée, non seulement par les bateaux de croisières, mais également par les navires de commerce, ferries et les bateaux de pêche… sans compter tous les kayakistes et canoéistes qui naviguent le long des fjords de la Colombie-Britannique jusqu’à Glacier Bay en Alaska. Dois-je préciser que je préfère être à bord de l’Amsterdam plutôt que dans un kayak pour y naviguer?!
Voici comment est décrit ce Passage Intérieur par Wikipédia : « Débutant au nord des îles américaines de l'archipel Alexandre, cette voie maritime franchit l'exposé détroit d'Hecate qui marque la frontière américano-canadienne, passe à l'est des îles de la Reine-Charlotte, franchit le bassin de Reine Charlotte en s'abritant derrière les nombreuses îles qui longent la côte, puis elle traverse la succession de détroits et de passages à l'est de l'île de Vancouver - détroit de la Reine-Charlotte, détroit de Johnstone, passage Discovery le long des îles Discovery- pour déboucher dans le détroit de Géorgie qui abrite le port de Vancouver et ouvre sur le Puget Sound et Seattle au sud et le détroit de Juan de Fuca à l'ouest vers l'océan Pacifique.
La portion alaskienne du passage dans le nord, s'étend environ sur 800 km du nord au sud pour 150 km d'est en ouest. La zone comprend plus de 1000 îles et 24 000 km de côtes très découpées par plusieurs milliers d'anses, de baies et de fjords. La partie méridionale du passage en Colombie Britannique est de taille à peu près similaire avec plus de 40 000 km de côtes. »
Et maintenant, nous, croisiéristes de l’Amsterdam, comment avons-nous vécu cette journée si prometteuse du moins sur papier?
En préparant ce voyage, j’avais hâte de vivre cette journée car je croyais que ce devait être un bonheur que de naviguer à travers cette nature impressionnante, du moins, j’imaginais que c’était impressionnant d’après les dires d’amis et connaissances! L’un d’eux avait même mentionné que le Passage était à ce point beau que, peu importe la température, nous passerions un bon moment. De fait, je pensais que seulement une très forte pluie ou un épais brouillard pourraient gâcher jusqu’à un certain point ce moment de bonheur. Quant à la brume, elle pouvait, paraît-il, donner un certain caractère poétique au paysage. Cela je le concevais bien car j’avais eu l’occasion à deux reprises de naviguer à travers le fjord Geiranger en Norvège : la première fois, le fjord était ensoleillé et bien entendu spectaculaire, mais la seconde fois, en 2009, le ciel était couvert de gros nuages bas et même de pans de brume à certains moments. Or, même avec cette température moins plaisante de prime abord, le spectacle n’avait pas été gâché et mon mari avait dit, avec justesse d’ailleurs, que cette brume et nuages créaient une espèce de magie dans ce décor splendide. Tout ceci pour vous dire que ce n’était pas la présence des quelques nuages gris le matin au lever qui devait gâcher ma journée.
Mais, et là vous en conviendrez sûrement avec moi, lorsque le soleil s’est pointé dans le ciel, et ce à partir de la fin de la matinée, tout devient bien sûr enchanteur! L’Amsterdam navigue à travers toutes ces îles sauvages et majestueuses qui, défilant tranquillement sous nos yeux éblouis, contribuent au repos du corps et de l’esprit.
Confortablement installés sur leur balcon ou le pont arrière du bateau, où, à l’abri du vent la température est vraiment agréable, de nombreux croisiéristes se chauffent au soleil tout en admirant ce merveilleux paysage. Certains autres scrutent l’horizon avec des jumelles avec l’espoir de voir, ou simplement apercevoir, un animal quelconque qui animerait ce paysage. Nous n’avons pas aperçu d’animaux mais, comme je n’avais jamais pensé en voir lors de ce passage, je ne suis déçue en aucune façon. Par contre, nous avons vu le Volendam qui, lui, naviguait en sens inverse. On ne peut imaginer plus belle façon pour eux de terminer leur croisière… et pour nous, de commencer la nôtre. Fermez bien vos yeux et pensez au vert intense de milliers de grands arbres se serrant les uns contre les autres… voyez le contraste avec le bleu de l’eau sur laquelle scintille les mille feux d’un beau soleil du nord… et laissez-vous envahir par la paix qui émane de tout cet environnement. Ne trouvez-vous pas que c’est un moment magique!? Eh bien, c’est ce moment que nous avons vécu pendant toutes ces heures où nous voguions en ce beau jour du passage Intérieur. Quel grand bol d’air avons-nous pris en cette journée comme dit mon mari… air à la fois si léger, si limpide et si pur!
Si je n’ai pas réussi à vous faire comprendre que nous avons vécu une journée de rêve, alors là, ne me le dites surtout pas, car je serais découragée pour continuer mon compte-rendu! Mais, j’ose espérer que vous m’avez bien comprise et que vous êtes prêt à me suivre dans cette belle aventure car demain préparez-vous à mettre les pieds sur le sol de l’Alaska. Eh oui, demain nous ferons escale à Ketchikan, là où nous espérons vivre notre première aventure.
Pour les photos de l’Amsterdam et du Passage Intérieur :
http://picasaweb.google.fr/oum1947/39Septembre2010LAmsterdamEtLePassageInterieur#