5 oct. 2010, 14:06
8 septembre 2010. Escale à Ketchikan
C’est vraiment lors de cette première escale où nous poserons les pieds sur le sol alaskien que j’ai l’impression, tout comme les chercheurs d’or d’autrefois, bien que dans des conditions de confort très différentes, du moins je l’imagine!, donc, que j’ai bien l’impression d’être enfin arrivée en Alaska car la navigation à travers le Passage Intérieur n’était à mes yeux qu’un magnifique prélude à l’aventure alaskienne qui nous attend.
Et, puisque je vous retrouve, cher lecteur, à lire ce texte c’est que, sans doute, j’ai réussi à éveiller votre curiosité concernant cette partie du monde. Alors, quoi de plus normal que de vous donner quelques informations.
L'Alaska est l'état le plus étendu des États-Unis avec une superficie totale de 1 717 854 km², soit trois fois celle de la France pour vous donner une idée, et ce, pour une population de moins de 700 000 habitants. Comme il est situé au nord-ouest du Canada, l’Alaska, tout comme Hawaii d’ailleurs, est séparé du bloc géographique principal formé par les États-Unis. Bordé par l'océan Arctique au nord et la mer de Béring et l'océan Pacifique au sud, ce territoire est coupé de l'Asie par le détroit de Béring. On appelle ses habitants les Alaskiens, ou Alaskains, (en anglais: Alaskans) et sa capitale est Juneau. Cette région, que l'on appelait au XIXe siècle l'« Amérique russe », tire son nom d'une longue presqu'île, au nord-ouest du continent américain, à environ 1 000 km au sud du détroit de Béring, et qui se lie, vers le sud, aux îles Aléoutiennes. J’ai lu que l’origine du nom pourrait provenir du mot aléoute Alyeska qui signifie grande terre, continent ou que Alaska est la version russe du mot Aléoutiennes, Alakshak, ce qui signifie « que des terres ou de grande péninsule ». Je précise que les Aléoutes sont des gens qui habitent les îles Aléoutiennes et l'ouest de l'Alaska et qui sont étroitement liés physiquement et culturellement aux Esquimaux.
Plusieurs d’entre vous savent sans doute que l’Alaska est un ancien territoire russe d’Amérique que les États-Unis ont acheté en 1867 pour la modique somme de 7,2 millions de dollars.
Mais, bien avant cette date, différentes cultures inuites ont marqué l’histoire du territoire. D’après des fouilles archéologiques, le nord de l’Alaska était déjà habité il y a plus de 5 000 ans! Tout d’abord, on parle de la culture de Denbigh, qui a existé entre 3 000 et 1 000 avant J.-C. Leur principale ressource était bien sûr les animaux qu’ils chassaient dans la toundra, animaux qui leurs fournissaient nourriture, vêtements et abris.
Vers l’an 1 000 avant J.-C., on parle de cultures baleinières dont on sait très peu de choses, et qui doit sans doute son nom au fait que l’on a découvert des os de phoque des os de baleines dans un petit village très ancien de cinq maisons.
Puis, avec le temps, il semble que la vie des gens ait gagné en confort. On parle alors de la culture de Choris qui dura de l’an 1 000 avant J.-C. jusqu’à l’an 0. Les gens vivent alors dans de grandes maisons semi-souterraines ovales et chassent le phoque et le caribou. Ils ont même des outils de pierre taillée. Mais, l’origine de ces gens de Choris, tout comme celle des cultures baleinières, reste incertaine. On pense que ces petits groupes de chasseurs étaient peut-être des Esquimaux du sud de l'Alaska, ou des Aléoutes qui migrèrent vers le nord, ou des Amérindiens qui avaient adopté des coutumes esquimaudes, voire des immigrants sibériens.
Sautons quelques siècles et nous voici à la période de la traite des fourrures, période beaucoup mieux connue des historiens, cela va sans dire. À partir de 1784, les trappeurs russes établissent des comptoirs de traite permanents sur les îles Aléoutiennes et sur la côte américaine du Pacifique, même jusqu’à la Californie.
Au total, on peut compter une quarantaine de forts russes en Amérique, dans la première moitié du 19ième siècle. La Russie ayant déclaré que l'Amérique russe s'étend jusqu'au détroit de la Reine-Charlotte (actuel Canada) et que les étrangers n'ont pas droit de passage, l'accès au nord du Pacifique et à ses fourrures semble donc impossible aux États-Unis. Face à ce blocage, le président des États-Unis James Monroe rédige sa célèbre doctrine qui vise à éliminer les influences européennes du continent. En 1824, un traité est signé entre les belligérants, traité selon lequel, entre autres choses, l'établissement de nouveaux forts russes hors Alaska est prohibé. Et finalement, c’est l'achat de l'Alaska par les Américains en 1867 qui met un terme à la présence russe en Amérique.
A la fin des années 1800, c’est par milliers que les chercheurs d’or tentèrent leur chance en y laissant parfois leur vie. Mais cette grande fièvre de l’or retomba très vite et les activités économiques principales sont données par la pêche et la conserverie.
Le 3 janvier 1959 marque l’entrée du Territoire de l’Alaska dans l’Union en tant que 49ième État, l’Alaska devenant même une position stratégique dans la célèbre guerre froide qui opposait alors l’Union Soviétique et les États-Unis.
Vers 1975, la découverte de champs pétrolifères entraîna un afflux massif de travailleurs.
Et aujourd’hui? Eh bien, ce sont les touristes de tout acabit qui viennent, non plus pour chercher de l’or, mais plutôt pour y admirer la nature grandiose ou y pratiquer leur sport favori.
Que de chemin parcouru depuis les premiers habitants de la région jusqu’à nous, croisiéristes de luxe qui débarquons en tout confort au Royaume de Sarah Palin?!
Nous voici donc, en cette matinée du 8 septembre, débarquant dans le petit port de Ketchikan où nous ferons notre première excursion en Alaska.
Contrairement aux autres états américains, l’Alaska est divisée, non pas en comtés, mais en « boroughs » i.e. en arrondissements. Ketchikan, cinquième ville la plus peuplée de l’État, avec moins de 7 500 habitants en 2007, est la ville siège de Ketchikan Gateway Borough. Vous ne serez sans doute pas surpris si j’ajoute que son économie est basée sur le tourisme et la pêche : le tourisme avec plus de 800 000 croisiéristes qui débarquent chaque année dans le centre de Ketchikan, et la pêche, la ville étant également connue comme la capitale du saumon du Monde !
Ketchikan est nommé d'après Ketchikan Creek, qui traverse la ville. On croit que l’origine du nom Ketchikan vient du nom d’une nation autochtone de la région, soit les Tlingits de la crique, Kitschk-hin, dont la signification n'est pas claire mais qui pourrait signifier "la rivière appartenant à Kitschk".
C’est en cette petite ville que l’on trouve la plus grande collection du monde de totems, située en trois grands Lieux: Saxman Village, Totem Bight, et le Totem Heritage Center. Et Ketchikan est également le point de départ de l’une des attractions touristiques les plus connue de la région, soit le « Misty Fjords National Monument ».
En ce qui a trait aux excursions, mon mari a toujours deux préoccupations. La première concerne la fatigabilité de l’excursion elle-même et il me demande de faire attention, parmi les excursions que je lui proposerai après un premier tri, à ce qu’elles ne soient pas « trop » fatigantes. Aussi ai-je été ravie de découvrir que beaucoup d’excursions proposées par HAL pour notre croisière pourront satisfaire à cette exigence de mon mari car elles sont considérées « mild » par la compagnie elle-même. Je me fais donc un plaisir d’attirer son attention sur toutes ces excursions, plaisir d’autant plus grand que beaucoup d’entre elles semblent bien intéressantes. Par ailleurs, ceci me fait réaliser à quel point HAL prend soin de ses « vieux » passagers en essayant de ne pas trop les fatiguer…merci HAL!
La seconde préoccupation de mon mari concerne les pauses-pipi lors de chacune des excursions envisagées! Eh oui, qu’en sera-t-il des inévitables pauses-pipi lors de ces excursions? Mettez-vous à ma place, que puis-je répondre? Calmement je lui réponds tout simplement que je serais surprise que HAL oblige ses vieillards à aller se soulager dans la forêt avec les ours… encore que cela serait amusant à filmer. La cause étant entendue et dans l’incertitude du quand et où auront lieu les pauses-pipi, il accepte de discuter sérieusement avec moi du choix définitif des excursions. Et dire, avec le recul, que mon mari qui se préoccupait tant des pauses-pipi de l’Alaska n’avait jamais pensé que ce serait à Seattle qu’il aurait des toilettes indescriptibles!
Bon, si je reviens aux excursions, je dirai que c’est dans une atmosphère détendue que nous avons choisi pour l’escale de Ketchikan, sans hésitation aucune, l’excursion qui répondait au nom très prometteur de « Misty Fjords Boat & Floatplane Adventure ».
Le Misty Fjords National Monument est une immense région protégée de plus de 9 200 km carrés qui fait partie de la forêt nationale de Tongass. Cette forêt fédérale protégée constituée de glaciers, de rochers ou de broussailles etc., s’étend sur plus de 69 000 km carrés, ce qui en fait la plus grande forêt nationale des États-Unis et la plus importante réserve des grands arbres des États-Unis.
Avec l’épithète qui caractérise ces fjords, soit « misty », brumeux, je craignais quelque peu que la Fée des Brumes ne soit à ce point active que nous ne pourrions pas faire la partie prévue de l’excursion en hydravion. Brume ou pas, la promenade en bateau se ferait, mais, si le temps était trop brumeux, le vol en hydravion devait être annulé… et je peux d’ores et déjà vous dire que c’aurait été tellement dommage !
Aussi, dès le lever, je m’empresse d’aller sur le balcon pour voir ce qu’il en est de la température et constate avec grand plaisir que la Fée des Brumes n’est pas encore éveillée ou du moins ne rode pas aux environs de la ville de Ketchikan… ce que j’interprète comme un bon signe! L’approche de Ketchikan se fait par ailleurs toute en beauté et toute en douceur.
Du côté bâbord, où notre cabine se situe, nous n’avons pas vue sur la ville mais sur la nature, ce qui m’apparaît comme un avantage puisqu’ainsi je ne vois pas les enseignes de toutes sortes qui, selon les dires de beaucoup, enlaidissent jusqu’à en certain point cette petite ville. Plus tard dans la journée j’aurai l’occasion de constater de visu que, malheureusement, c’est vrai que les enseignes et panneaux, souvent voyants et d’un goût douteux, polluent bel et bien notre regard… et ceci est d’autant plus à déplorer que cette petite ville ne manquerait pas d’un certain charme ! J’ajouterai toutefois qu’en Amérique du Nord, comparé à l’Europe, en cette matière de mauvais goût d’enseignes et de panneaux publicitaires, nous sommes les grands gagnants !, mais c’est peut-être un peu plus visible lorsque cela vous saute aux yeux dans une petite ville perdue de l’Alaska ! Mais, bien égoïstement, je préférais la présence des panneaux et du soleil plutôt qu’une jolie ville sans enseignes mais sous la brume !
Revenons maintenant à notre excursion qui débutait vers 9 heures 30. Alors là, je vous le dis tout de suite, nous étions, mon mari et moi, pas mal excités en prenant le petit car qui nous amènerait au plan d’eau d’où partaient les hydravions… hydravions, d’ailleurs, que nous observions depuis notre balcon depuis tôt le matin et qui ne cessaient d’aller et venir dans le ciel à un rythme tel que je n’avais osé l’imaginer. Nous étions environ 25 passagers à avoir pris cette excursion. C’était trop pour un seul hydravion et on nous sépara en deux groupes, chaque hydravion pouvant accueillir 12 ou 13 personnes si ma mémoire est bonne.
N’ayez crainte, cher lecteur, comme c’est votre esprit qui m’accompagne et qu’ainsi vous n’êtes sûrement pas assez lourd pour qu’on vous refuse l’accès à bord de l’hydravion, je vous fais une petite place à mes côtés pour vous faire partager notre merveilleuse expérience. Chacun de nous, confortablement assis, a son hublot et, en ce sens, peu importe où vous êtes assis, nous avons tous une vue imprenable sur un paysage d’une beauté à couper le souffle ! N’eût été le bruit inhérent à l’hydravion, je crois que nous aurions pu entendre voler une mouche tant chacun de nous était absorbé dans ses propres pensées en scrutant du haut des airs les fjords, lacs, forêts etc… bref, la majesté de ce coin du monde ! Admirez avec moi cette eau argentée où se reflètent de beaux nuages blancs, ces petites îles semées là comme par magie au milieu de cette immensité, ces montagnes d’un vert foncé ou ces pics enneigés etc. Remarquez comment le pilote s’amuse à faire pencher son avion d’un côté puis de l’autre pour nous permettre d’avoir une vue plongeante, ou passe avec adresse entre deux montagnes d’un vert profond pour nous montrer une jolie chute d’eau, ajoutant un petit frisson de plaisir à l’expérience ! Je suis absolument certaine que cette petite demi-heure passée ainsi dans le ciel nous a tous enchantés et qu’aucun de nous ne l’oubliera de sa vie !
Et, pour que ce moment de bonheur soit total, nous ne revenons pas à notre point de départ comme j’avais imaginé, mais notre hydravion se pose au milieu d’un fjord de toute beauté, là où le silence règne au milieu d’une nature grandiose. Nous sentions tous que nous vivions en ce moment une expérience unique et magique et on aurait dit que personne n’osait parler, si ce n’est à voix basse, afin de ne pas troubler cette paix. Nous nous sentions dépassés par tant de beauté !
Bien que ce tour d’hydravion ait été la partie « forte » de cette excursion, il ne faut pas négliger pour autant la partie bateau qui s’est révélée pleine de charme. Le petit catamaran, du nom de St.Innocent, était très propre et très confortable. Sur chaque banquette on trouvait une paire de jumelles pour ceux qui désiraient s’en servir. Vu du bateau, le fjord prend un tout autre aspect puisque nous sommes à même d’en admirer d’autres détails. Les quelques heures passées à naviguer à travers les fjords ont aussi passé à une vitesse folle tant nous étions absorbés, de nouveau, par le spectacle de cette nature. Personnellement, j’y vivrai deux moments forts.
Mon premier moment fort est celui où le catamaran s’approchant près d’un lieu où il est signalé que des aigles sont souvent présents s’arrête doucement et j’entends effectivement le guide nous indiquer la présence d’un aigle juché dans un arbre. Mais là, j’ai beau écarquiller tout grand mes yeux, je ne vois rien de rien ! De plus, comme j’aimerais bien prendre au moins une photo de cet aigle, je cherche avec encore plus d’ardeur ! Ce n’est que vers la fin de l’arrêt que, ô bonheur !, j’aperçois enfin une toute petite tache blanche parmi le vert foncé des feuilles d’un grand arbre et que, oui, j’en suis sûre, il est bel et bien là l’aigle de mes rêves… et, peu importe que je le vois tout minuscule, l’important pour moi est d’avoir aperçu un vrai aigle dans une nature digne de ce nom ! A dire vrai, c’est uniquement la petite tête blanche de l’aigle que je voyais… mais j’étais certaine que sous cette tête il devait bien y avoir un corps, non ?!
L’autre moment fort, c’est le passage au large du « New Eddystone Rock » situé dans le canal de Behm, rocher que je connaissais de nom après avoir vu sa photo et que je trouvais tellement beau. De fait, en faisant quelque recherche à son sujet j’apprends qu’il est considéré comme un rocher très remarquable. C’est le navigateur britannique Vancouver qui, en le découvrant le 9 août 1793, lui a donné ce nom « New Eddystone » à cause, paraît-il, d’une certaine ressemblance avec un célèbre phare qui se dresse sur les redoutables Eddystone Rocks au Sud de l’Angleterre dans la Manche… dont, personnellement, j’ignorais jusqu’à l’existence ! Aux yeux de Vancouver, notre rocher est apparu comme un bateau qui naviguait… du moins, est-ce ainsi qu’il le décrivit dans son livre de bord. De fait, le New Eddystone est un bouchon volcanique de basalte, qui se dresse tel un pilier vers le ciel. Il atteint une hauteur d’environ 76 mètres et, étant entouré de quelques beaux arbres, il s’élance élégamment vers le ciel comme une magnifique sculpture de la nature.
Après ces heures de grande excitation, nous revenons au bateau et nous nous calmons un peu en nous restaurant au café Lido. Et, comme il nous reste encore quelques heures avant le départ du bateau et qu’il fait un temps superbe, nous allons flâner quelque peu près du port là où tout n’est que boutiques et encore boutiques ! C’est là que vous trouverez l’authentique souvenir d’Alaska « made in China » ! Eh oui, on dirait que la Chine a déverser ici toute sa marchandise « bébelle » dont elle seule a le secret de fabrication et dont elle envahit le monde entier ! Alors là, c’est le royaume de la « quétainerie » assurée ! Et les bijouteries ? Oh ! là ! là ! ma parole, il y en a encore plus que sur la Place Vendôme à Paris ! J’ai même vu qu’on y vendait du Cartier…mais, là encore il faudrait vérifier si c’est Cartier « made in France » ou « made in China » ! Ne voulant pas trop me tracasser avec toutes ces chinoiseries, j’en prends mon parti et me dis que tout ça n’est pas bien grave et qu’au moins les Misty Fjords étant protégés, ce n’est pas demain la veille que nous pourrons y voir un parasol Coca-Cola sur la plateforme sur laquelle nous a posés l’hydravion en pleine nature ou un grand panneau de McDonald’s au-dessous d’une mangeoire annonçant qu’ils fournissent gratuitement de la nourriture pour les aigles de la forêt !
Et, pour terminer sur une note positive, je vous dirai que nonobstant tout ce côté mercantile, il se dégage malgré tout une atmosphère assez sympathique de cette petite ville de Ketchikan. Il faut aussi que je sois honnête et précise que je n’ai vu que le Ketchikan tout près du port, là sans doute où sont amalgamés tous les commerces pour touristes. Je suis certaine qu’il existe un Ketchikan plus authentique que certains d’entre vous connaissent et que je découvrirais avec plaisir si je retourne en Alaska. Quoiqu’il en soit, nous y avons passé un bon moment et mon mari s’est bien amusé à lire toutes ces enseignes et à fouiner dans toutes ces « bébelles »… car, eh oui, il est beaucoup moins snob que moi !!!
En revenant à bord de l’Amsterdam, comment ne pas être heureux et enchantés après ce que nous avons vécu au cours de cette première escale en Alaska ! C’est dans la joie et la bonne humeur que nous nous mettons au lit en espérant que demain nous réservera d’autres belles surprises.
Pour les photos de Ketchikan et des Misty Fjords :
http://picasaweb.google.fr/oum1947/40Septembre2010KetchikanEtLesMistyFjords#