Voici la suite du compte-rendu, avec, cette fois, notre escale en Angleterre.
10 Mai: Harwich
Le 10 mai au matin, l’Eurodam fait son entrée dans la douce Albion! En tant que sujets de Sa Majesté, j’aurais bien aimé que celle-ci en personne vienne nous accueillir pour nous mener passer la journée dans un de ses châteaux. J’aurais même été prête à faire quelque concession en acceptant que ce soit le Prince Charles qui la remplace! Mais, craignant qu’ils ne nous fassent faux bond, je m’étais abstenue de les prévenir de notre arrivée et c’est donc « incognito » que nous posons le pied sur le sol anglais. Plus importante à mes yeux est la présence du soleil qui est au rendez-vous et qui nous sera fidèle tout au long de la journée.
Nous avions renoncé d’aller à Londres, tout comme à Paris d’ailleurs, pour ne pas trop « ambitionner » sur notre résistance physique. Dans cette belle Angleterre, nous avions donc choisi de faire l’excursion prévue de la visite de Cambridge, ville universitaire des plus célèbre.
La distance entre Harwich et Cambridge est d’environ 80 km en ligne directe, et plutôt une centaine si l’on passe par les petites routes de campagne, ce que nous avons fait. Tout ce que l’on entend dire au sujet de la beauté de la campagne anglaise, eh bien, croyez-moi, c’est bel et bien vrai! Les villages qui se succèdent sont tous plus beaux les uns que les autres. Je n’écoute même pas les explications données par le guide tant je suis fascinée par le paysage qui défile trop vite à mon goût car, ici, on voudrait s’arrêter à tous les instants pour photographier ou filmer.
Mon mari met brusquement fin à mon état de grâce en me ramenant à la dure réalité par cette question : « Quand devons-nous nous arrêter?! ». Le voyant quelque peu s’agiter sur son siège, je devine le sens de sa question. De fait, lors de l’excursion elle-même, je n’avais aucune idée de la distance qui séparait Harwich et Cambridge et ne savais même pas si un arrêt quelconque était prévu ou non. Mais, une vingtaine de minutes plus tôt, j’avais vu une dame se précipiter vers l’arrière du car et je savais bien pourquoi. Elémentaire, mon cher Watson! Donc, je suggère à mon mari de profiter aussi des toilettes du car ce qu’il accepte, le pauvre, car il n’en peut plus!!!
Cela a duré un temps qui m’a paru assez long avant de le voir revenir presque tout tremblant en me disant : « AH! Çà alors! ». Pourquoi, que se passe-t-il? lui demandai-je. Et alors il m’explique que pour accéder aux toilettes, il fallait descendre les marches qui donnent accès à la sortie arrière du car, ce qui n’est déjà pas toujours évident pour une personne en pleine forme dans un car en mouvement. Alors, bien sûr, pour qui a une petite patte fragile, cela peut tenir de l’acrobatie. Puis, et c’est là que ça se corse, une fois entré dans ce trou nommé « toilettes », il s’est retrouvé, paraît-il, dans un trou noir! Rien! Aucune lumière ! Il avait beau tâter les murs, en haut, en bas, à droite et à gauche, il n’y avait, selon lui, aucun interrupteur. Il s’est donc décidé à faire pipi en pleine noirceur, ne sachant où diriger son jet, et déséquilibré par le mouvement du car! Bref, à l’en croire, et je le crois!, il a accompli un véritable exploit de revenir à son siège non seulement en entier mais, et là est le cœur de l’exploit, sans une seule tache sur le devant de son pantalon !!! Par contre, l’on ne connaîtra jamais le trajet exact du jet de pipi dans la toilette. La cuvette ou le mur? Les paris sont ouverts. Seriez-vous surpris si je vous apprenais qu’il m’en parle encore de l’aventure des toilettes du car de Cambridge ?
On finit tout de même par y arriver dans cette fameuse ville de Cambridge et à la descente, savez-vous quoi ?, tous les passagers ont une envie folle de se soulager. Le flegmatique guide, prénommé John, semble indiquer une certaine direction avec sa main. Sans faire ni une ni deux, mon mari et moi partons dans cette direction, précédés uniquement par la dame qui était aussi allée dans les toilettes du car et, à voir son allure, de toute évidence une fois ne lui avait pas suffi. Nous la voyons revenir sur ses pas, toute découragée de ne rien trouver, mais, tout à coup j’aperçois un escalier qui descend et, eurêka, j’ai trouvé…cet escalier mène directement aux toilettes publiques.
Une fois tous les passagers soulagés, nous entreprenons la visite de Cambridge. De prime abord, cette ville semble magnifique de par son architecture et dégage un charme unique. Cette première impression ne fera que se renforcer au cours des quelques heures passées en ce lieu.
L’Université de Cambridge est la deuxième plus ancienne institution académique du monde anglophone, la première étant l'université d'Oxford. Selon la légende, Cambridge fut fondée en 1209 par des universitaires fuyant Oxford après un différend avec les dirigeants locaux. Toutefois, le collège le plus ancien encore existant à Cambridge est Peterhouse, fondé en 1284. Ce fut en 1318 que l'Université obtint du pape Jean XXII le droit de délivrer des diplômes. Cambridge signifie "Pont sur la Cam" qui est la rivière qui traverse la ville. À la différence d'Oxford où la ville précéda l'Université, la ville de Cambridge n'existait pas au moment de la création de l'Université.
La ville et l'Université sont étroitement imbriquées. Il n'y a pas, contrairement au schéma classique, de campus propre à l'Université. La ville et l'Université s'étant développées simultanément depuis 800 ans, de nombreux bâtiments (laboratoires, amphithéâtres, bâtiments administratifs, bibliothèque) sont disséminés au sein de la ville, le centre historique étant bien sûr occupé par les collèges ou laboratoires les plus anciens.
L’Université est composée de 32 collèges. Les collèges les plus prestigieux, de par leur ancienneté et leur architecture, sont Trinity College, dont les ressources sont colossales, King's College, dont la monumentale King's College Chapel possède un des plus fameux chœurs de l'Angleterre, St John's College, rival de son voisin Trinity, et enfin Emmanuel College, plus modeste mais réputé pour la qualité des travaux académiques de ses étudiants.
À l'échelle mondiale, l'Université de Cambridge est classée deuxième toutes disciplines confondues (derrière Harvard et devant Stanford), mais elle est considérée comme étant la meilleure dans les domaines scientifiques (notamment en physique, chimie et biologie).
Avec 83 Prix Nobel directement associés à l'université (dont 70 anciens élèves), Cambridge a engendré plus de Prix Nobel que n'importe quelle autre université au monde et autant que les universités d'Oxford, Paris et Yale réunies.
Ouf! Avec tout cela, il y a de quoi rester bien « humbles »!
John nous mène tout d’abord sur le quai d’où nous montons dans une barque à fond plat, un « punt », pour faire une promenade sur la rivière Cam. La barque elle-même n’a pas l’élégance ni le confort d’une barque vénitienne mais, une fois installé, on oublie vite cela tant la promenade est belle. Si jamais vous allez à Cambridge, ne manquez pas ce moment tout à fait extraordinaire d’une telle promenade. La beauté des Collèges et de la nature environnante est à couper le souffle!
Entre autres souvenirs, me revient celui du « Bridge of Sighs », soit le Pont des Soupirs, qui appartient au St John’s College. Il a été construit en 1831 et s'appelle comme le Pont des Soupirs à Venise, bien qu'architecturalement tous deux aient peu en commun hors le fait d'être couverts. Alors que nous étions près du pont, j’ai aperçu la silhouette d’un homme en toge noire qui passait très rapidement sur le pont de sorte que sa toge semblait flotter par derrière. Sans doute un professeur pressé ! Cette petite scène m’a vivement frappée me laissant un goût de « hors du temps » et chaque fois que je la revois dans un de mes films, je ressens cette même impression étrange d’éternité !
Après cette promenade, le flegmatique John nous amène au King’s College pour visiter la chapelle qui a été édifiée de 1446 à 1515. De style gothique perpendiculaire, l'édifice est doté de voûtes en éventail, œuvres de John Wastell, qui forment une véritable dentelle de pierre accentuant la majesté de l'architecture. Les murs sont percés de grandes fenêtres à lancettes qui ont été ornées au cours du XVIe siècle de vitraux mêlant des épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Dieu que c’est beau!
Après cela, nous avons eu droit à quelques heures de liberté très bienvenues pour que chacun puisse jouir de la beauté remarquable de l’ensemble de cette ville à sa guise, à son rythme et selon ses envies. Je suis certaine que nous avons tous bien apprécié ce moment.
Me croirez-vous si je vous dis qu’avant de prendre le car pour le retour, mon mari a pris ses précautions non pas une, mais deux fois…sinon trois!
Le retour s’est fait par une autre route, plus courte si je me souviens bien, mais également intéressante et ce sont des passagers fatigués mais heureux qui quittent l’Angleterre en direction des Pays-Bas.
Pour les photos :
http://picasaweb.google.ca/Oumledauphin1/12CambridgeMai2009#