Croisière à bord de l'Equinox: Rome-Fort Lauderdale
#p3212613 janv. 2010, 03:10
En quittant Ashdod, l’Equinox met le cap directement sur Alexandrie en Égypte que nous atteindrons dans la matinée du 31 octobre.
En ce qui concerne l’Égypte, je me dois d’être franche avec vous et de décrire un peu notre état d’esprit.
D’abord, depuis son enfance, mon mari rêvait de voir les pyramides. Quant à moi, j’avais une certaine curiosité de les voir, mais également une certaine appréhension d’aller en Égypte où, j’avais entendu dire que beaucoup y étaient malades, en partie à cause de la nourriture et de l’eau. Bref, nous avions bien discuté d’aller un jour faire un voyage dans ce pays et peut-être même une croisière sur le Nil, mais, finalement, nous ne dépassions jamais le stade de la discussion. Aussi, lorsque j’ai lu que l’Equinox faisait escale là-bas pour deux jours, j’ai vu là l’occasion idéale de réaliser le rêve de mon mari en même temps que celle de « tâter » du pays et qui sait, si cela s’avérait très positif, d’envisager pour plus tard un retour et grand voyage dans ce pays. Je vous dirai tout de go que mon idée était excellente car pour parodier la célèbre formule de Jules César qui avait dit « Veni, vidi, vici », « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu »,…moi, je peux dire « Je suis venu, j’ai vu…et j’ai su! »
De fait, j’avais moins peur d’Alexandrie que du Caire. Pourquoi? Parce que d’une part je croyais que le président Mitterrand allait y passer des vacances, et, avec l’allure « princière » qu’il aimait se donner, j’imaginais qu’il aimait plutôt fréquenter les palaces que les bouis-bouis, et, d’autre part, le chemisier de mon mari, qui avait vécu en Égypte, nous avait dit qu’Alexandrie était la plus belle ville de la Méditerranée! Avais-je tort ou raison en ce qui concerne Mitterrand? Je n’en sais rien du tout, mais, peu importe puisque c’est ce que je croyais fermement, d’autant plus fermement d’ailleurs que les propos du chemisier abondaient dans le sens d’une très belle ville! Restait la petite crainte face à l’immensité du Caire, mais, on verrait bien si ma crainte était exagérée ou non une fois sur place. Et la « tourista »? Eh bien, en mangeant très peu et très « sélectionné », cela devrait suffire pour un jour ou deux, pensions-nous.
Restait à faire le choix de l’excursion ou des excursions. Or, il se trouve que quelques semaines avant le départ, Celebrity offrait sur son site une excursion de deux jours au cours de laquelle on nous amenait en avion à Louxor, pour visiter la Vallée des Rois, les temples de Louxor et ceux de Karnak et, le lendemain, nous revenions au Caire pour les fameuses pyramides et le musée. Bien entendu, ce tour de « rêve », du moins sur papier!, avait un coût assez élevé, soit environ 1 100 $ par personne, mais, comme nous n’allons pas à Louxor tous les jours, nous n’avons pas hésité très longtemps avant de le réserver, annulant du même coup les deux excursions à Alexandrie et au Caire déjà réservées.
Et nous voilà, en cette matinée du 31 octobre, accostant à Alexandrie. De fait, le port d’Alexandrie n’a ni charme ni séduction avec toutes ses raffineries mais, il arrive parfois qu’un port ne soit pas attrayant, alors qu’une fois dans la ville, tout devient enchanteur. Donc, je me dis qu’il ne faut pas me fier à ma première impression.
Nous partons, vers 10 heures, avec nos amis J et P ainsi que tous les croisiéristes de l’excursion choisie, soit deux cars bien remplis, pour aller prendre l’avion nolisé par Celebrity dont le départ est prévu vers midi. La plupart des croisiéristes ont fait comme nous, soit venir avec un petit « carry-on » contenant les effets nécessaires pour une nuit, mais, comme toujours, certains ont bel et bien apporté une valise qu’ils veulent faire passer pour un « carry-on »… mais qui devra être enregistrée et mise dans la soute des bagages! Ma parole, j’ai l’impression que certains ont apporté les oreillers, draps du bateau etc…, sinon je ne comprends pas comment on peut avoir une valise aussi grosse pour « une » seule petite nuit!!
Outre nos bagages, on nous distribue à chacun une boîte de carton contenant un lunch que nous devrons manger à l’aéroport ou de préférence dans l’avion. Mais, comme cette boîte est en carton que je qualifierais de « léger », pour ne pas dire de mauvaise qualité, il y en a plusieurs, dont la mienne, qui se déchirent presque immédiatement, ce qui fait que ça devient pas mal encombrant à transporter ce petit lunch qu’on ne sait plus comment tenir surtout lorsqu’en plus on doit traîner le « carry-on »!
Enfin, tous les passagers s’installent et nous partons. Ça ne prend pas beaucoup de temps pour que nos amis et nous, qui, bien sûr, formons un petit groupe, soyons repérés comme parlant français et que mon amie J entende que nous sommes identifiés comme les « French »! Le trajet pour aller à l’aéroport n’est pas très long et j’ose dire « heureusement! » car ce que je vois d’Alexandrie m’enlève le peu d’illusion que j’avais. Je ne sais pas où sont les beaux quartiers, probablement en bord de mer, mais je peux vous dire que nous ne les avons pas traversés, et que si jamais Mitterrand est venu prendre des vacances à Alexandrie, ce n’est sûrement pas dans un hôtel entre le port et l’aéroport, ça, j’en suis certaine! Quant au chemisier de mon mari, je me demande même si nous parlons de la même ville d’Alexandrie mais lui non plus, n’a pas dû mettre ses pieds dans les quartiers où nous passons! C’est vrai que nous n’avons traversé qu’une partie de la ville, aussi je laisserai à ceux qui ont vu et admiré le « bel » Alexandrie de rêve de vous en parler, car nous, on n’a rien vu de beau…que de la laideur et de la mocheté!
L’aéroport, lui, n’est pas mal. C’est un peu petit dans la salle d’attente pour le gros groupe que nous sommes et tout le monde ne peut pas s’asseoir, mais, disons que pour ceux qui ont la chance d’attendre assis, c’est correct. L’attente est un peu longue mais enfin, nous finissons tous par monter dans l’avion.
Eh là, je pense que la compagnie Celebrity a dû se montrer exigeante car nous avons droit à un avion digne de ce nom, confortable, bien propre et dans lequel on se sent en sécurité… même mieux que beaucoup d’avions américains, j’en suis certaine! On a droit a des fauteuils en cuir, assez d’espace pour les jambes etc… C’est vrai qu’on a payé assez cher pour l’excursion pour que, me direz-vous, ce soit la moindre des choses d’avoir un bon avion, mais je dis tout de même que Celebrity a bien fait les choses. Pour moi, c’est bon signe car j’ai déjà vu aux nouvelles françaises des avions égyptiens qui faisaient peur rien qu’à les regarder!
Le vol se déroule sans problème d’aucune sorte et il était même agréable de suivre la route du haut du ciel car à travers de très jolis petits nuages blancs, on voyait très bien le désert qui contrastait fortement avec les terres verdoyantes s’étendant de part et d’autre du Nil. C’était vraiment très joli.
Nous avons tous mangé notre lunch pendant le vol car nous savions qu’à l’arrivée, dès le débarquement de l’avion, nous devions partir en excursion. Eh oui, à la descente de l’avion, les « French » rejoignent les « American », et, s’il y en a, les « British »… et hop! nous voilà en route vers la Vallée des Rois. Tout de suite à la sortie de l’avion, nous avons senti que la température est très agréable, sans chaleur comme je le craignais, et sans humidité, ce qui, bien sûr, est normal puisque nous sommes dans le désert.
Mais, pour aller à la Vallée des Rois, nous devons bien emprunter une route et là, le choc « culturel » continue. Si j’avais trouvé moche ce que nous avions vu à Alexandrie, ici, j’ose dire que nous franchissons une nouvelle étape dans la saleté et la misère!
Dans son compte-rendu, Marie-Claude a mentionné que « Ce qui est aussi vraiment bouleversant, c’est de voir que toutes les constructions sont inachevées. Une loi de zonage, vraiment mal foutue, permettait la construction dans cette zone en contrepartie de taxes très élevée. Toutefois, les taxes ne sont perçues que quand la construction est complètement terminée!!! Ainsi, tout le monde a commencé à construire dans cette vallée, mais sans jamais terminer les édifices afin de contourner la loi. »
Ici, c’est tout ce que nous voyons, des constructions inachevées, constructions qui, de plus, n’ont aucun style et aucun charme, ce qui les rend deux fois plus laides! Et, comme si ce n’était pas suffisant, mous longeons un canal rempli, mais vraiment rempli, d’immondices de toutes sortes. Notre ami P y a même aperçu un cheval mort qui y pourrissait!!! La guide, qui a dû remarquer la surprise sur beaucoup de visages, s’empresse de nous dire que nous ne devons pas juger son pays d’après nos critères nord-américains! Ça, en ce qui me concerne, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mon amie J nous chuchote exactement ce que je pensais : « Comme c’est déprimant! » Eh oui, c’est très déprimant… et triste…si triste de penser que des enfants se baignent dans ces eaux sales et que cet environnement est le seul dans lequel tant de gens doivent vivre!
Enfin, nous arrivons à la Vallée des Rois pour une visite qui, pour moi, sera peut-être le clou de tout ce que je verrai au cours de cette excursion en Égypte.
Voici quelques renseignements au sujet de cette vallée si célèbre.
La Vallée des Rois est une région d’Égypte située sur la rive occidentale du Nil à la hauteur de Thèbes, soit aujourd'hui la ville moderne de Louxor. Cette vallée se situe en plein désert, un désert non pas de sable fin, mais de roches qui, de fait, me rappelle le désert du Néguev en Israël. Comme la qualité de la roche dans la vallée est très variable, des tombeaux ont été creusés à travers diverses couches de pierre avec chacune sa propre qualité. Ceci pose des problèmes pour les conservateurs modernes, comme cela a dû en poser aux architectes originaux dont, par exemple, le problème très sérieux venant des couches de schiste dont les cristaux ont tendance à augmenter de volume au contact de l'eau. Ceci a endommagé beaucoup de tombeaux, en particulier durant les inondations. Le choix de la rive « ouest » du Nil pour y bâtir ces tombeaux n’est toutefois pas dû au hasard puisque c’est de ce côté que le soleil se couche.
La Vallée des Rois est connue pour abriter les tombeaux souterrains de nombreux pharaons du Nouvel Empire, qui est la période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne, période de raffinement et d'évolutions qui s'étale sur un peu plus de cinq siècles, allant d’environ 1 500 à 1 000 av. J.-C.
La plus ancienne tombe connue sur le site est celle de Thoutmôsis Ier et, à partir de Thoutmôsis III, à l'exception d'Akhénaton, tous les pharaons des 18ième, 19ième et 20ième dynasties y seront enterrés. La dernière tombe connue est celle de Ramsès XI.
La vallée des rois abrite également les tombeaux de certaines épouses et enfants de pharaons, ainsi que celles de nobles dont les pharaons ont voulu récompenser la valeur. C'est à partir de la période du règne de Ramsès Ier que la vallée des reines est usitée, même si quelques épouses seront encore enterrées avec leurs maris par la suite.
Son nom arabe de « Biban el-Moulouk » signifie « les portes des rois », en référence aux portes qui fermaient jadis les tombeaux.
Tous les tombeaux recensés dans la vallée ont été pillés dès l’Antiquité. Contrairement à ce qu'on croit souvent, même le tombeau de Toutânkhamon n'a pas échappé aux pilleurs. On pense que la porte du tombeau a été forcée par deux fois, mais que les pilleurs, ayant été interrompus, n'ont pu emporter qu'une petite partie du trésor. Les autres tombeaux n'ont pas eu la chance de tomber dans l'oubli et les archéologues modernes ne trouvèrent souvent que de petits objets ou des vestiges estimés sans valeur par les voleurs antiques.
La vallée, entourée par de hautes falaises qui forment une barrière naturelle, était fortement gardée par les Medjaÿ, des troupes d'élite, depuis le début de l'exploitation du site. C'est aux environs de 1090 av. J.-C., sous le règne de Ramsès XI, que l'effondrement de l'économie de l'Égypte et du pouvoir royal va entraîner l'apparition des premiers pilleurs de tombes.
Les tombeaux furent ouverts, tous les objets de valeur en furent enlevés et les momies furent rassemblées dans deux grandes caches : la très connue cachette de Deir el-Bahari qui ne contenait pas moins de quarante momies royales et leurs cercueils, et l'autre, dans le tombeau d'Amenhotep II, qui en contenait seize autres.
La vallée compte soixante-trois tombeaux dont seulement vingt-sept ont été identifiés comme étant des sépultures royales, les autres, soit n'ont pas pu encore être identifiés, soit appartiennent à de hauts dignitaires. Parmi les sépultures royales, deux appartiennent à des reines ayant gouverné, Hatshepsout et Taousert.
La tombe la plus grande de la vallée, fut construite pour enterrer les enfants de Ramsès II. Des découvertes récentes permettent d'estimer à cent cinquante le nombre total de chambres de la sépulture.
Les tombeaux ont été des curiosités touristiques dès la période de la Grèce et de la Rome antiques.
De nos jours, la plupart des tombeaux ne sont pas accessibles au public pour des raisons de conservation; on estime en effet qu'un grand nombre de touristes peut faire doubler le taux d'humidité d'une tombe. Les autorités procèdent par roulement en ouvrant les tombes les moins exposées et celles qui ont reçu des aménagements nécessaires à leur bonne conservation. Les bas-reliefs de certains tombeaux conservent des couleurs relativement vives malgré les ravages du temps, des intempéries et de l'action de l'Homme.
Après cette brève introduction historique, qu’en est-il de notre visite?
D’abord, on nous dit qu’il faut laisser toutes nos caméras dans le car il est absolument interdit de prendre des photos à l’intérieur des tombeaux! Ça, c’est déjà un petit coup dur pour les amateurs de photos dont sûrement un « American » qui, justement, est équipé d’une « énorme » caméra photo dont, j’imagine, il aurait bien aimé se servir puisque déjà sur la triste route menant du port à l’aéroport à Alexandrie, il avait pris plusieurs centaines de photos…alors, que n’eût-il pas pris dans les célèbres tombeaux?! Quoiqu’il en soit, nous en sommes tous réduits à laisser nos caméras, grosses ou petites, dans le car.
Puis, après avoir franchi la barrière à l’entrée du site, nous prenons un petit train pour nous mener un peu plus loin où là, toujours en plein air mais sous un abri, nous avons droit à un petit cours sur la Vallée des Rois…petit cours qui ressemble en gros à mon introduction historique, mais en plus complet, évidemment… car, étant donné le prix payé pour l’excursion, je crois que la guide se croira obligée de parler beaucoup au cours de ces deux jours! Ce qui est un peu fatigant c’est le fait que les différents groupes étant à proximité les uns des autres, si vous n’avez pas la chance d’être assis tout près de votre guide, ce qui est notre cas, vous n’entendez que des sons vagues venant d’un guide puis de l’autre…bref, vous êtes complètement perdus et vous attendez patiemment que tout cela finisse au plus tôt pour que vous puissiez aller visiter ces fameux tombeaux où vous espérez avoir la paix!
De fait, la patience venant à bout de tout, la guide se tait enfin! et nous donne du temps pour visiter « trois » tombeaux, à notre convenance. Comme certains sont plus difficiles d’accès que d’autres, si vous êtes légèrement handicapés, vous avez peut-être intérêt à visiter les tombeaux les plus facilement accessibles. C’est ce que nous faisons car mon mari ne veut pas se fatiguer inutilement. Nos amis J et P décident de visiter les mêmes tombeaux que nous et nous partons tous les quatre pour une visite qui marquera nos mémoires pour longtemps.
Et là, je vous le dis bien franchement, c’est tout simplement splendide! Les trois tombeaux visités sont très différents, chacun ayant sa propre personnalité, l’un aux couleurs vives alors qu’un autre est plutôt dans des teintes effacées, celui-ci avec un plafond tout bleu constellé d’étoiles, celui-là avec un bas-relief particulièrement séduisant de grâce et de beauté etc… Et, toujours, ces murs couverts d’élégants dessins et hiéroglyphes du sol au plafond, une vraie merveille! Je ne me souviens plus exactement du nom des trois tombeaux que nous avons visités…je crois que deux étaient des Ramsès et un troisième, Séthi… mais je pense qu’ils doivent tous être dignes d’intérêt, peu importe celui que vous choisissez de visiter. J’en profite ici pour remercier notre ami P qui, ayant acheté un livre, a eu la gentillesse de scanner quelques illustrations que je joins à mes photos pour vous donner une idée de ce que l’on peut admirer dans cette Vallée des Rois.
A la sortie des tombeaux, nous retrouvons la dure réalité du peuple égyptien car il y a tant de jeunes gens qui tentent de vous vendre soit des livres, soit des babioles de toutes sortes, que ça devient un peu difficile à supporter. Pour avoir la paix, il paraît qu’il faut éviter à tout prix de les regarder. C’est vrai, c’est efficace…mais, en même temps, ça crève un peu le cœur et c’est triste de devoir passer à côté d’eux comme s’ils n’existaient pas!
Et puis, vient l’heure du retour. Mais, en route vers l’hôtel, nous faisons un arrêt pour photographier les deux immenses statues qui représentent Amenhotep III et qui marquaient l’entrée d’un des temples funéraires de ce neuvième souverain de la 18ième dynastie. Amenhotep III est surtout connu comme un roi bâtisseur. Désireux d'être élevé de son vivant au statut de dieu, il fit bâtir notamment un temple funéraire en Nubie, où il est vénéré à l'égal du dieu Amon, et celui de la rive ouest de Louxor.
D’où vient alors que ces statues soient aussi connues sous le nom de « Colosses de Memnon »? Eh bien, cela vient d’une jolie légende que je vous rapporte.
La légende dit qu'à l'aurore une des statues se mettait à chanter... alors qu’en réalité, la pierre grésillait. Les Anciens ont donc donné le sobriquet de Memnon aux deux sentinelles en mémoire du fils de l'Aurore, Memnon, tué à la guerre de Troie et dont on rapporte qu'il appelait sa mère à l'aube. Cette curiosité ne tarda guère à susciter des pèlerinages pour l'oracle de Memnon. Dommage que le phénomène ne soit plus vérifiable aujourd'hui, car après les travaux de restauration entrepris sur ordre de l'empereur romain Septime Sévère, 2ième siècle après J.-C., le colosse s'est tu à tout jamais.
L'état quelque peu lamentable dans lequel les deux colosses se trouvent aujourd'hui est dû notamment aux tremblements de terre qui secouent parfois la région. La posture du souverain Amenhotep III est habituelle, soit qu’il a les mains à plat sur les cuisses, et selon la tradition, il porte un pagne court ainsi que le némès i.e. la coiffe la plus emblématique des pharaons qui la porteront de l'Ancien Empire, soit vers 2 700 av. J.-C., jusqu'à la période ptolémaïque qui débute vers l’an 300 av. J.-C. Ce couvre-chef de tissu, assez complexe, était composé de plusieurs parties qui ont évolué au cours du temps, ce qui permet une datation approximative du commanditaire de l'œuvre qui le représente.
Après cet arrêt, nous filons droit à l’hôtel, soit le « Steigenberger Nile Palace Luxor Hotel», hôtel 5 étoiles, mais je précise un 5 étoiles égyptien! Bien que très correct, et là, je n’ai de reproche d’aucune sorte à formuler, le mot « palace » n’a tout de même pas la même signification en Égypte qu’à Paris, Rome ou New York, mais, à cela, je m’y attendais et n’ai donc pas été surprise.
De toute manière, nous profiterons très peu de l’atmosphère « orientale » de l’hôtel puisque nous avons à peine le temps de déposer nos effets dans la chambre qu’il nous faut descendre pour aller manger au restaurant. Il y a un grand buffet préparé pour tout le groupe. Je vois que les gens se servent abondamment et mangent sans crainte, sauf mon mari et moi qui picorons dans nos deux assiettes très légèrement fournies. Nous avons tellement peurs d’être malades par la nourriture que nous en sommes devenus « paranos »…mais, au moins, nous n’avons pas été malades!
Après ce repas digne d’un jour de jeûne pour mon mari et moi, il y a sortie, et pas n’importe laquelle puisque nous irons visiter le Temple de Louxor. Lorsque nous arrivons sur le site de Louxor, il fait déjà sombre et le site est illuminé, ce qui ajoute beaucoup à la magie du lieu et le rend encore plus spectaculaire! Oui, le site est à la fois imposant et majestueux. J’ai peine à penser que nous n’avons pas tous poussé un Oh! admiratif, et même plusieurs, au fur et à mesure que nous approchions de l’entrée. Les proportions du site, si imposantes soient-elles, n’en sont pas moins harmonieuses et je crois que cela contribue également à susciter notre admiration.
Les importants bâtiments existants dans le Temple de Louxor ont été construits par deux rois, Amenhotep III de la 18ième dynastie et Ramsès II de la 19ième dynastie. Le temple a été construit pour y honorer trois dieux : Amon, « Le caché », son épouse Mout, « La mère » et leur fils Khonsou, « Le voyageur », que l'on appelait la Triade thébaine.
Amon apparaît comme un dieu souverain. Certaines légendes racontent que par sa semence, il fertilisa le cosmos. Il avait la peau bleue car sa chair était constituée de lapis-lazuli, pierre magique par excellence. Sous la 6ième dynastie, il fut associé à Rê, dieu solaire.
Il prend les titres d'Amon-Rê, le roi des dieux, lorsqu'il est dans toute sa gloire. Son lieu de culte principal est à Thèbes, soit Louxor, mais surtout à Karnak, le temple le plus riche du pays. Son nom dépassa vite la ville et le pays l'adora. Je spécifie qu’à Louxor, le dieu Amon est vénéré sous sa forme fertile, portant alors le nom d’Amon-Min. Les deux temples Louxor et Karnak sont donc très liés l’un à l’autre, et il est difficile de parler de Louxor sans faire référence à Karnak.
D'anciens architectes ont construit des temples sur la rive orientale du Nil suivant un axe ouest-est. Cependant, le temple de Louxor, était orienté suivant un axe nord-sud, possiblement pour l'aligner avec le temple de Karnak et l'allée des sphinx qui reliait ces deux temples.
Si je reviens à notre visite, nous arrivons donc au Temple de Louxor devant ce que je prends pour un restant de muraille, avec en son centre une entrée. On voit aussi de deux statues immenses, de part et d’autre de l’entrée et en avant-plan, un obélisque. J’apprends que ce que je crois être une muraille est en réalité un pylône. Le terme grec «pylône», en égyptien « Bekhenet », désigne une porte monumentale érigée devant un temple égyptien et constituée de deux tours avec une entrée au milieu. Quant à l’obélisque, défini comme une pierre levée, généralement monolithe, de section quadrangulaire, terminée par un pyramidion, il n’est pas là que comme simple élément décoratif. Non, gravé de hiéroglyphes, l'obélisque était, dans l'Égypte pharaonique, un symbole solaire que sa forme et sa fonction, soit capter les rayons de l'astre, apparentaient à la pyramide.
A Louxor, cette entrée du temple et la première grande cour du temple ont été construits sous le règne du roi Ramsès II. Le pylône très imposant fait 65 mètres, de large et est doté d'un escalier qui conduit au sommet de ses deux tours. Ramsès II fait précéder le grand pylône du temple de deux grands colosses le représentant assis coiffé du pschent, qui est le nom grec de la double couronne portée par les pharaons de l’ancienne Égypte. Ce sont les deux immenses statues que nous avons pu voir à notre arrivée. Il était également encadré par quatre autres colosses le figurant debout dans l'attitude de la marche. À l'intérieur du temple, il fait disposer entre les colonnes de la cour d'autres colosses de moindre taille, dont une partie est récupérée d'un ancien temple d'Aménophis III et qu'il fait réinscrire à son nom pour la circonstance.
Par ailleurs, à l’origine il y avait non pas un mais bien deux obélisques à Louxor. Or, ces deux obélisques furent offerts en 1830 au roi de France Charles X par Méhémet-Ali, vice-roi d’Égypte à cette époque et qui est aussi généralement considéré comme le fondateur de l'Égypte moderne. Et là, petite parenthèse, je suis toute heureuse d’apprendre qu’il s’agit du même Méhémet-Ali dont j’avais visité la maison natale en Grèce, dans la ville de Kavala en Macédoine orientale, tout près de la frontière turque, et qui faisait alors partie de l’empire ottoman. Pour en revenir aux obélisques, sachez que seul celui de droite sera finalement abattu et transporté vers la France où il trône depuis 1836 sur la Place de la Concorde à Paris. C'est Champollion, celui-là même qui le premier décrypta les hiéroglyphes égyptiens, qui fut chargé par le roi de choisir lequel des deux monuments, en partie recouverts de sable, devait en premier être envoyé en France. Et c’est là que la légende intervient car il paraît que le savant se soit décidé pour « celui de droite, en entrant dans le palais »,... en fait le plus petit des deux et le plus abîmé! Quoiqu'il en soit, le transport du monolithe ne se fit que bien après la mort de Champollion en 1832, puisque l’obélisque fut érigé en grande pompe à Paris au milieu de la Place de la Concorde le 25 octobre 1836. En remerciement, Louis-Philippe Ier offrit une horloge qui orne aujourd'hui la cour de la mosquée de Méhémet-Ali au Caire, mais qui, paraît-il encore, fut abîmée pendant le voyage et ne fonctionna jamais, au dire des Cairotes…anecdote d’ailleurs confirmée par notre guide. Quant au second obélisque, qui n’avait jamais quitté l’Égypte, il fut officiellement « rendu » par la France en 1981, par le Président Mitterrand.
Outre ces imposants pylônes, que trouvons-nous dans ces temples égyptiens? De façon générale, on peut dire que les temples égyptiens se composaient de salles en péristyle et hypostyles, de salles latérales et de sanctuaires.
Les salles en péristyle sont des cours entourées de colonnes alors que les salles hypostyles sont dotées de toits ou plafonds soutenus par des rangées de colonnes. Le public n'avait accès qu'aux salles en péristyle et hypostyles pour les prières, spécialement les jours de fête.
Les prêtres ne pouvaient pénétrer que dans les salles internes et les sanctuaires pour la prière et les offrandes au roi et aux dieux. Les rois et les hauts-prêtres étaient les seules personnes capables d'entrer dans le sanctuaire principal, ou les sanctuaires, où les statues des dieux étaient conservées. Là, ils faisaient des offrandes, versaient des eaux de libation, brûlaient de l'encens et offraient des costumes et accessoires aux statues des divinités.
Dans le temple de Louxor, on trouve également la grande colonnade processionnelle d'Amenhotep III qui fut construite principalement pour les festivités de la Triade thébaine. Des scènes de ces processions de festival sont représentées en relief sur les murs de la colonnade. Elles montrent en détails le voyage des statues des divinités de Karnak à Louxor, aller retour, ainsi que toutes les activités de purification, d'offrande et de danse au cours de leur voyage.
Construit autour du sanctuaire d’Amon-Min et de la chapelle reposoir qui accueillait la barque sacrée portant l'effigie de l’Amon de Karnak lors de sa sortie annuelle, le temple de Louxor était consacré au mystère de la vie que le dieu Amon en tant que Nil bienfaisant renouvelait chaque année.
Le Temple de Louxor est en quelque sorte le complément méridional du grand temple d’Amon à Karnak. Situés à 2,5 km l’un de l’autre, les deux temples étaient autrefois reliés par un « dromos », mot grec qui veut dire une allée généralement bordée de sphinx, et dans ce cas précis, bordée de sept cents sphinx à tête de bélier et de stations ou chapelles reposoirs où s'arrêtaient les barques de la Triade thébaine, soit Amon, Mout et Khonsou, lors de la grande fête d’Opet, l’une des fêtes religieuses les plus somptueuses de l’Égypte pharaonique.
Le temple de Louxor, consacré au mystère de la vie que le dieu Amon en tant que Nil bienfaisant renouvelait chaque année, était construit autour du sanctuaire d’Amon-Min et de la chapelle reposoir qui accueillait la barque sacrée portant l'effigie de l’Amon de Karnak lors de sa sortie annuelle.
Lors de la grande fête d'Opet, le dieu quittait sa demeure de Karnak en compagnie de son épouse Mout et de leur fils Khonsou, et ils se rendaient par voie fluviale à Louxor. Là, le dieu, rejoignant sa forme fertile, Amon-Min, retrouvait sa vigueur; puis, au terme de réjouissances qui duraient plusieurs jours, il revenait, toujours en compagnie de sa famille divine, vers Karnak en empruntant cette fois le grand dromos. La cérémonie était menée par Pharaon en personne qui, tout en se régénérant lui-même au contact du dieu, présidait ainsi au cycle du renouveau éternel symbolisé par l'arrivée de la crue du Nil au-devant de laquelle Amon s'avançait.
Avec le temps, Louxor semble avoir été délaissée, sinon malmenée, par les conquérants assyriens et perses, et le développement du temple fut abandonné. Puis, le grand conquérant Alexandre le Grand réaménagea la salle de la barque, faisant notamment enlever les quatre colonnes qui soutenaient le plafond. Ainsi, dès le début de l'époque grecque, on peut constater combien les premiers monarques de la nouvelle dynastie apportèrent une attention particulière aux sanctuaires de la ville sainte, attestant par là que Thèbes avait retrouvé un rôle important au cœur de l’Égypte ancienne.
C'est à partir de l'époque romaine que le "déclin" du temple commence vraiment. En effet, dès les premières années de la prise de pouvoir par l’empereur romain Auguste sur l'Égypte une garnison romaine s'installe à Louxor. Une chapelle en l'honneur d’Auguste est même aménagée dans la « chambre du roi divin ». Plus tard, lorsque l'empire romain embrasse le christianisme, plusieurs églises sont aménagées dans l'enceinte, dont une dans la cour de Ramsès II. Par la suite, les conquérants musulmans construisent au-dessus de l'église une mosquée en l'honneur du saint local, Abou el-Hagag.
De ce fait, Louxor est un des plus anciens lieux de prière au monde. En effet, l'affectation du site est restée quasiment ininterrompue pendant plus de 3500 ans : étrange persistance d'un lieu de culte dont la splendeur n'a cessé d’accompagner le visiteur, malgré les soubresauts de l'histoire des hommes.
Même avec le peu que je vous ai rapporté au sujet de ce site, vous pouvez, je pense, soupçonner à quel point il peut être intéressant de le visiter. C’est évident qu’un tel site dégage une atmosphère unique et même, pour les novices en archéologie que nous sommes, le simple fait de vous y promener, d’y admirer les imposantes colonnes, de vous attarder à regarder les hiéroglyphes etc…bref, à vous imprégner de la magie du lieu, tout ça, dis-je, a contribué à nous faire vivre à tous un moment inoubliable.
Puis nous retournons à l’hôtel. La guide avait bien offert à ceux qui le désiraient de les accompagner pour une promenade dans la ville, mais je doute que beaucoup d’entre nous aient été intéressés car demain sera une journée très chargée. Lorsque nous prenons l’ascenseur pour aller à notre chambre, nous apercevons plutôt la guide installée dans le hall pour recevoir les commandes de bijoux, surtout des cartouches, et de tee-shirts sur lesquels seront imprimés votre nom en hiéroglyphes dans un cartouche. Pour ceux qui l’ignorent, un cartouche, shenou en égyptien, est un symbole hiéroglyphique, de forme allongée et fermé par un nœud, qui contient le nom d'un Pharaon. Il symbolise « tout ce que le soleil entoure », c'est-à-dire l'univers et a pour fonction de protéger le nom de Pharaon. Dans un cartouche bijou, la plupart des gens font inscrire leur nom en hiéroglyphes, plus un ou deux symboles censés vous protéger, mais vous êtes libres d’y mettre un mot de votre choix, tel cette dame en rémission d’un cancer qui a fait inscrire le mot « espoir ».
Quant à nous, les « French », nous partons nous mettre au lit et nous reposer car demain le réveil sera très matinal. En effet, j’ai demandé à mon amie J de bien vouloir me téléphoner pour me réveiller avant 4 heures 30!
Pour les photos :
http://picasaweb.google.ca/Oumledauphin1/29Novembre2009Egypte#
2010. 14 jours à bord de l’Amsterdam de HAL. Alaska.
SEATTLE - PASSAGE INTÉRIEUR – KETCHIKAN – SITKA – SKAGWAY - BAIE DES GLACIERS – ANCHORAGE – HOMER – KODIAK - GLACIER HUBBARD – JUNEAU - VICTORIA
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=4838
2009. 28 jours à bord de l’Equinox de Celebrity. Méditerranée orientale et traversée de l’Atlantique.
ROME – ATHÈNES – RHODES – ÉPHÈSE – HAÏFA – JÉRUSALEM – ALEXANDRIE(LOUKSOR, KARNAK et CAIRE) – NAPLES – MARSEILLE – BARCELONE – PALMA DE MAJORQUE – CARTHAGÈNE – LANZAROTE – TENERIFE – FORT LAUDERDALE
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=4328
2009. 28 jours à bord de l’Eurodam de HAL. Traversée de l’Atlantique et Baltique.
FORT LAUDERDALE – LES AÇORES – LISBONNE – BILBAO – LE HAVRE – HARWICH – ROTTERDAM – COPENHAGUE – WARNEMÜNDE – TALLINN – SAINT-PÉTERSBOURG – HELSINKI – STOCKHOLM – KIEL - COPENHAGUE
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=4047
2007. 12 jours à bord du Century de Celebrity. La Norvège incluant le soleil de minuit au Cap Nord.
AMSTERDAM – ÅLESUND - PASSAGE AU LARGE DES ILES LOFOTEN - ALTA – HONNINGSVÅG(CAP NORD) – MOLDE – OLDEN – BERGEN - AMSTERDAM
http://www.lemondedescroisieres.com/viewtopic.php?t=3812
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