16 janv. 2011, 20:12
Marine:
Je serais bien curieuse de voir les photos de Grenade en 2004... les as-tu en digital??
Yorkie:
C'est vrai qu'on nous donne des consignes de ne pas sortir de nourriture habituellement. Sur ce voyage, on nous l'a dit qu'à St Thomas et Fort Lauderdale. Alors je me suis fait moi-même nos petits snacks. J'apporte toujours des petits zip locks (pas mal mieux que d'utiliser les sacs papiers pour produits féminins... oui oui, j'ai vu une dame mettre son sandwich et son croissant dans ça...).
Je prend des petits pains, fromage, viande froide. C'est pas un pique-nique de luxe, mais ça nous permet d'avoir un petit en-cas sécuritaire. On apprend à être prudent et quand on voyage avec un/des diabétiques, on sait qu'on doit toujours avoir quelque chose à grignoter au cas où!
La suite...
Lundi le 3 janvier 2011 – Dominica – nuageux – 28C
Nous arrivons à Dominica tôt ce matin. Nous serons en escale de 7h00 à 16h00. Mais notre premier coup d’œil nous dit que ce sera encore une journée au temps incertain. En fait, il tombe une douce pluie sur Roseau… pas surprenant que cette île soit si verte ! Après le conciliabule du petit-déjeuner, nous décidons de faire un tour de l’île en taxi. Nous attendons que la pluie cesse et nous sortons vers 8h00. Plusieurs options de tours sont disponibles sur le quai. Certains se font en minibus, d’autres en taxi. Après une bonne discussion avec le répartiteur, nous optons pour un tour privé qui nous amènera à Emerald Pool et Jacko Falls en passant par le parc National du Morne Trois Pitons. Tarif : $30 par personne (4) pour un tour de 3.5 heures dans un véhicule presque neuf et un guide qui parle anglais parfaitement ! Ça nous va, alors on part !
Notre guide Campbell Registe est d’un calme incroyable. Je suis assise à l’avant avec lui et j’avoue que certaines courbes de la route sinueuse bordée de ravins me font un peu frémir. Mais il me rassure… vous êtes en sécurité avec Campbell ! Je ne suis pas un chauffeur, je suis un opérateur ! Voilà toute la différence… OK… je te crois ! En fait, je n’ai aucune idée quelle est la différence entre l’accréditation qu’il me montre Taxi Operator, mais ça semble être vrai car il est un excellent conducteur et un guide charmant. Il est de type ‘bon père de famille’ et prend soin de tout le monde. Il arrête fréquemment pour nous permettre de prendre des photos, ouvre les fenêtres pour qu’on voie mieux. Il nous raconte la vie à Dominica. Quand il n’a rien à dire il répète sans cesse : ‘Ici, on peut mourir cassé, sans le sou, mais on ne meurt jamais de faim !’ ‘Il y a des fruits partout, et on vous les donne avant même que vous les demandiez.’ C’est vrai que la Dominica est le garde-manger des Caraïbes. L’agriculture est l’activité commerciale principale et l’île fournit plusieurs autres îles des Caraïbes en fruits et légumes – comme St-Thomas par exemple.
En fait, la Dominique est une des grandes îles des Caraïbes. Sa superficie est 10X plus grande que celle de St-Thomas. La Dominique est indépendante et fait partie du Commonwealth, mais le président a de fortes alliances avec plusieurs pays socialistes et communistes comme Cuba, le Vénézuela et la Chine. Les chinois sont très présents sur l’île et c’est grâce à la Chine que la plupart des infrastructures sont aménagées. De grands chantiers de construction des routes sont menés par les chinois et sont même réalisés par des travailleurs chinois qu’on installe dans des camps. Le stade de soccer est aussi une réalisation chinoise… Les Dominicains sont un peu sceptiques face à ces liens avec le socialisme, mais faute d’autres options, ils apprécient les résultats de cette alliance. Campbell est quand même un peu méfiant de ce que tout ça pourra coûter aux dominicains...
La nature de la forêt tropicale est luxuriante et recèle des centaines d’espèces végétales. Campbell tente de nous montrer toutes les fleurs et les fruits qu’il voie ! On voit des champs d’agrumes, de bananes, de café, de cacao, d’ananas. On voit des poinsettias grandeur nature, des oiseux du paradis de toutes les couleurs, du gingembre, des heliconias, des lys centurion, des crotons, des palmiers… la liste est longue et colorée ! De jolis cascades et chutes dévalent les pentes raides des mornes (ou montagnes) ici et là. La pluie a été assez intense depuis quelques jours, on a donc la chance ( !) de voir des cascades bien charnues !
Nous arrivons au parc national du Morne Trois Pitons – le seul site du patrimoine mondial de l’UNESCO des Caraïbes ! Nous devons payer 5$ pour entrer sur le site de Emerald Pool. De plus, Campbell nous conseille de louer un parapluie (1$ pour 2) car nous n’avons pas d’imper, et c’est assez mouillé dans le parc ! Bon conseil !
Emerald Pool est une cascade d’eau au pied de laquelle est formée une belle piscine naturelle. Pour s’y rendre, on doit faire une randonnée dans la forêt tropicale dans un sentier très bien balisé, et assez plat, donc facile d’accès. La randonnée prend une quinzaine de minutes. Arrivé à la chute, on peut rester en haut pour l’admirer, ou prendre un escalier et un sentier un peu plus accidenté pour se rendre au bas de la chute. Comme le but de la promenade n’est pas de se baigner, nous relaxons dans la forêt en admirant les beautés et les couleurs de la nature… un groupe du bateau muni de maillots et de serviettes tentent de se rendre, mais la plupart rebroussent chemin… La forêt est magnifique et sent tellement bon ! De retour au pavillon, une petite exposition présente les différentes espèces d’oiseaux et de plantes qu’on peut retrouver dans le parc. Il y a aussi un petit marché d’artisan où on peut acheter des babioles et des épices.
Nous reprenons la route direction Jacko Falls à Pont Cassé. Une autre belle chute, mais celle-ci est sur un terrain privé. Le proprio nous demande 2$ pour y aller! C’est un peu rudimentaire comme installation, mais bon… il faut bien qu’ils vivent ces gens-là. Il y a aussi un kiosque avec des fruits, des épices. Mais le marchand, de religion rasta – il paraît qu’il y en a environ 3000 sur Dominica – paraît complètement gelé (comme dans dopé… il n’a pas froid le monsieur…) qu’on laisse faire la dégustation… Par contre, une charmante dame a un petit kiosque de babiole. Pendant que Louis et Caro descendent jusqu’à la chute, Mariette et moi faisons la conversation avec elle. Elle est surprenante car elle a les yeux aussi bleus que moi! Elle nous raconte que son grand-papa, il était un Français, un monsieur! (Comprendre, un propriétaire de plantation…) Je n’avais pas vraiment envie de lui acheter du café ou des épices, denrées emballées de façon plutôt précaire, mais je lui ai acheté un collier en noix de coco… juste pour la remercier de ses belles histoires!
Puis, Campbell nous a amené chez son ami Mr. Nice! Mr. Nice a un kiosque de fruit sur le bord de la route. En fait, on voit ces kiosques un peu partout sur l’île. Mr. Nice nous a fait goûté à toutes sortes de fruits frais qu’il venait tout juste d’aller chercher. On l’a surpris dans le champ avec ses bottes de caoutchouc… il nous a tranché de l’ananas, du pamplemousse, du coco, des bananes de toutes sortes. Puis, il nous a fait goûté à une spécialité : du coconut rôti avec cassonade, cannelle, muscade et gingembre. La noix de coco râpée et les ingrédients sont cuits jusqu’à ce que tout soit bien caramélisé… on prend une ‘motte’ de ce bonbon et on le met sur le bout de la banane et on prend une grosse bouchée!! Absolument à se rouler par terre… miam miam!! Et comme en Dominique on peut mourir cassé mais jamais de faim, cette petite expérience est tout à fait gratuite! En fait, on nous demande de laisser un petit quelque chose dans une gourde séchée suspendue au toit du kiosque. Mr. Nice est tout un numéro… il nous a régalé, mais il nous a aussi bien fait rigolé… à la vue de mon frère, il s’est exclamé : Ah! Mon jumeau!!! … Du même père bien sûr… Quand je lui ai dit qu’on pourrait en parler à ma mère dans la voiture, il a bien rigolé aussi!!
Campbell a pris une route différente de la route habituelle pour nous ramener à Roseau – en fait, pour éviter la route sinueuse bordée de ravins qui m’avait fait un peu peur, il a décidé de prendre la route des petits villages. Heureuse décision car on a pu voir le côté plus humain de l’île, où les gens vivent… c’est très pauvre. C’est aussi sur cette route que nous avons vu les camps de chinois qui viennent pour construire les routes. Quand j’ai demandé à Campbell qu’est-ce qu’il pensait de tout ça, car ça enlève des emplois aux dominicains non? Ça réponse était sans équivoque : les dominicains sont paresseux! Nous sommes bien plus en sécurité sur des routes construites par les chinois! Ah bon!
De retour à Roseau, Campbell nous a amené sur Morne Bruce, en passant par le jardin botanique de la ville, deux incontournables! De Morne Bruce, nous avons une vue imprenable sur l’Emerald qui domine la ville de Roseau.
Nous étions de retour au bateau vers 13h00 – un tour de presque 4 heures! Malgré un temps maussade et quelques passages de pluie, cette excursion était super! Elle nous a fait découvrir un autre côté de cette île magnifique et nous a permis une rencontre intime avec un homme charmant.
Après un ‘pit stop’ rapide, je suis retournée en ville pour voir le marché. En fait, lors de notre dernier passage en 2010, il y avait un petit marché d’artisan derrière le bureau de tourisme/musée de Dominica, juste en face du quai. Aujourd’hui, en plus de ce marché, il y a aussi un marché installé sur le bord de mer. Mais la chaleur et l’humidité étaient assez intenses et après une tournée rapide du marché et des petites rues avoisinantes du port, j’ai vite retrouvé le confort du navire.
Pour les photos de Dominica :
http://picasaweb.google.com/mcdessureault/EmeraldPrincess_Dominica_2011#